Petite histoire du Palais-Royal

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Détail - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Détail - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Palais Royal de Paris Hôtel particulier

Un cardinal, une reine

Nous sommes en 1626. Le cardinal de Richelieu vient d'acheter les hôtels d’Armagnac et de Rambouillet ; pas pour les habiter, non ! Pour les démolir, et reconstruire par-dessus le luxueux « Palais-Cardinal ». Il fait appel en 1629 à l'architecte Le Mercier et au jardinier Desgots (qui réalise alors le plus grand jardin de Paris avec son bassin alimenté par la pompe de la Samaritaine).

A la mort du cardinal, la reine Anne d'Autriche vient s'installer avec ses enfants dans ce qui devient le Palais-Royal. Celui-ci passe ensuite à sa belle-sœur Henriette puis à la fille de celle-ci qui vient de se marier avec Monsieur, frère de Louis XIV. Les Bourbons resteront là jusqu'au XIXe siècle ! Au cours du XVIIIe siècle, le palais change de tête. On agrandit le jardin, on y aménage les grandes allées de marronniers.

Palais royal et jolies femmes !

Mais en 1781, un incendie détruit la salle de théâtre attenant au palais. Le futur Philippe Egalité décide alors de faire construire des galeries autour du jardin pour y loger des librairies et des boutiques.

L'architecte Victor Louis s'occupe des travaux de ce jardin entouré de colonnades entre 1781 et 1784. Disons que le projet est accueilli très froidement par les Parisiens, au départ. On râle, on râle, mais finalement le palais devient l'endroit le plus fréquenté de la capitale ! Une description de 1784 rapporte :

« Les femmes viennent y respirer le frais et jouir dans ce jardin du plaisir de voir et surtout le plaisir d'être vues. Des doubles rangs de chaises placées le long d'allées spacieuses suffisent à peine pour recevoir cette foule de femmes presque toutes jolies. Les plus belles et élégantes se promènent au milieu des allées […] Les feux de 184 réverbères suspendus aux 120 arcades qui éclairent les cafés, les restaurants et les boutiques, répandent sur cette promenade une lumière douce. »

Ca n'a pas beaucoup changé depuis, vous ne trouvez pas ? Pendant et après la Révolution, on transforme le Palais en salles de jeux et de bals. En 1805, on trouve une vingtaine de cafés (café du Caveau, café Borel, café des Mille Colonnes), 11 monts-de-piété, des bijoutiers, des marchands de perruques...

L'heure est aux plaisirs et à l'amusement ! En plus, la police n'a pas le droit d'y rentrer, domaine royal oblige ! Alors y apparaissent les fameuses « nymphes du Palais-Royal », qui se promènent le soir dans les galeries avec un décolleté avantageux...

Lorsque Louis-Philippe s'installe en 1814, changement de ton ! On ne rigole plus : il fait refaire les galeries et chasse des jardins ses filles aux mœurs légères et ses salles de jeux un peu louches. Peu à peu, la fréquentation décline... Incendié pendant la Commune, le Palais restauré retrouvera un peu d'animation de nos jours.


Et encore !