Petite histoire du donjon d'Oudon

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Le donjon - ©Touriste / Public domain Le donjon - ©Touriste / Public domain
Donjon d'Oudon Fortification

Un site stratégique


Entre Anjou et Bretagne, voilà Oudon ! Et le moins qu'on puisse dire, c'est que sa tour polygonale toute en schiste sombre se voit de loin ! Effectivement, elle mesure près de 40 m de haut... [up]Ce gros donjon servait de point de surveillance sur le duché de Bretagne et gardait un œil sur le trafic de la Loire.[/up] On peut y voir deux parties bien distinctes : le donjon et l'enceinte fortifiée. Le donjon combine système défensif et demeure d'agrément : aux étages, on trouve de vastes cheminées et des pièces de réception ; au sous-sol, des lieux de stockage. Et son histoire ?

L'histoire de la tour


Et bien, on trouve dès le XIIe siècle une forteresse, passée aux Châteaugiron puis par alliance aux Malestroit. Très vite, la tourmente s'empare d'elle : prise par Henri II Plantagenêt en 1174, reprise par Jean sans Terre en 1214, assiégée par saint Louis en 1230 en guerre contre Henri III... les guerres moyenâgeuses, quoi ! En 1392, Alain de Malestroit obtient l'accord du duc de Bretagne de reconstruire son château. De cette époque date le haut donjon qui s'inspire de celui de la forteresse de Largoët (56)... qui culmine lui à 70 m !

Tiens, mais pourquoi une telle inspiration ? Parce qu'Oudon a d'abord appartenu à Jean II de Malestroit-Châteaugiron, qui le cède ensuite à son frère Alain ; Jean préfère garder Largoët... Au XVe siècle, ces seigneurs ajoutent la muraille flanquée de tours. Au siècle suivant, Oudon passe aux Montmorency (le connétable Anne de Montmorency y reçoit Charles IX quelques jours en 1565) puis aux Condé. Mais à la Révolution, ces derniers préfèrent s'installer à Chantilly, bien plus confortable. Oudon est alors confisqué, vendu comme bien national en 2 lots, dont l'un comprend le donjon... Alors, notre tour, que devient-elle ? On la classe monument historique en 1866 puis l'Etat l'acquiert en 1881 : l'architecte Ruprich Robert s'occupe aussitôt de sa restauration.


Et encore !