Petite histoire du Château-Naillac

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Le château - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Le château - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Château-Naillac Château Musée

Le château

De preux chevaliers dans la place !

Naillac ? On les connaît, ces chevaliers originaires du département de la Creuse, non ? Tout juste ! On les a déjà rencontrés à Gargilesse, car ils en sont aussi les seigneurs, au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, les voilà seigneurs de Le Blanc !

Il existe alors déjà un gros château, construit au XIIe siècle, qui lui-même a précédé un fort en bois. La particularité de ce gros château médiéval ? Il a deux donjons, de plusieurs étages ! Des donjons carrés typiquement romans... Les Naillac meurent sans héritiers mâles au cours du XVe siècle. Aïe !

Alors débarquent deux héritiers : Pierre Frotier (aussi seigneur d'Azay-le-Ferron) et le maréchal de Boussac, Jean de Brosse.

Vers 1430, c'est finalement Frotier qui récupère le château. Lui et sa famille s'y installent et il peut procéder aux réaménagements à la toute fin du XVe siècle : aménagement de la cour, construction d'une tour d'escalier sur un des donjons, percement de fenêtres... De quoi filer un coup de jeune au château, non ?

La Parabère, le joli gigot du Régent

Ensuite, de nombreux propriétaires se succèdent. On ne va pas vous en faire la liste, hein... Non, le plus important reste qu'en 1719, le proprio, Mathieu Pinsonneau, maître ordinaire de la Chambre des comptes de Paris, vend le château à une certaine Marie-Madeleine de La Vieuville, comtesse de Parabère... la maîtresse en titre du régent Philippe d'Orléans !

Vous savez, le gros d'Orléans, amateur de chair fraîche et de bonnes bouffes, en poste en attendant que le petit Louis XV ne soit assez grand pour régner ? A la mort de celui-ci, en 1721, la Parabère se fait chasser de la Cour comme une malpropre et trouve refuge à Le Blanc, dans ce château où elle organise de belles fêtes et mène une vie des plus agréables...

Le régent l'appelle « son petit corbeau noir » et après des agapes... « son gigot ». Elle aussi boit comme un trou et mange comme une ogresse. On la dit très jolie mais carrément bébête : un sacrée morceau de chair fraîche, « Sainte n'y touche » comme l'appellent ses sympathiques copines de la Cour !

Les fêtes, c'est bien, mais ça use le porte-monnaie. Ruinée, elle vend le château en 1738 à Claude Dupin, aussi propriétaire du château de Chenonceaux mais surtout... futur grand-père de George Sand !

Agrandissements et abandon

A l'époque, les deux donjons sont en ruine : c'est à ce moment qu'on construit le grand corps de logis qui relie les deux tours. Claude Dupin restaure le château et empêche qu'il ne soit abîmé à la Révolution.

Il passe alors à des descendants des Dupin en 1799. C'est l'un d'eux qui fait installer la grille d’entrée, provenant du château de Rochefort à Sauzelles (36) et qui annexe l'église Saint-Cyran (XIe siècle).

Après plusieurs propriétaires (dont le dernier fait faillite), le château est vendu aux enchères en 1851 : la ville le rachète et le transforme en une école de garçons... jusqu'en 1956 ! Depuis 1986, il abrite l'écomusée de la Brenne.

La visite du Château-Naillac

L'écomusée permet d'aborder les étangs de la Brenne sur tous les plans.

• On commence par la superbe collection de 800 oiseaux naturalisés venant de la Brenne, rassemblée par le naturaliste Jean Genétoux au XIXe siècle. Une incroyable collection, d'autant plus que tous ces oiseaux sont très bien conservés !

• A l'étage, présentation des étangs : leur aménagement, géologie du sol brennou...

• Ensuite, évocation de la vie des gens de la Brenne, autrefois : région très pauvre, la Brenne a souvent été victime de famine, de révolte, de faux sauniers aussi.

• Une salle présente une forge comme on en trouvait encore au XIXe siècle : les arbres de la région produisaient beaucoup de carbone, indispensable à la fabrication d'acier de qualité !

• En redescendant vers la sortie, on découvre une grande salle où est expliquée l'histoire du château et son évolution. En 1992, lors de travaux de restauration, on retrouve la jolie cheminée romane entourée de ses deux baies dans la grande salle du premier étage du donjon Est. Un des rares éléments qu'il reste des premiers temps du château médiéval !


Et encore !