Petite histoire du château des Rohan de Saverne

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Le château - ©Fab5669 / CC-BY-SA Le château - ©Fab5669 / CC-BY-SA
Château des Rohan de Saverne Château

Saverne entre en possession des évêques de Strasbourg au XIIIe siècle, où on trouve déjà à cet endroit un vieux château-fort. Au XVe siècle, l'évêque Guillaume de Diest fait de Saverne le siège de l'administration épiscopale. Il lui faut donc une demeure digne de ce nom : on construit un second château appelé Oberhof. Au début du XVIe siècle, un nouveau château, Renaissance celui-ci, se construit sur l'emplacement de la forteresse primitive. Les évêques strasbourgeois qu'on a chassés de leur siège pendant la Réforme, s'y installent entre 1561 et 1681. A partir de 1667, les évêques de Furstenberg font édifier un nouveau bâtiment dit « carré », prolongé en 1670 par un palais luxueux, long de 110 m !

Voilà qu'intervient Armand-Gaston de Rohan-Soubise. Le cardinal entreprend des modifications extérieures dès 1712 avec son premier architecte, Robert de Cotte. On doit la décoration intérieure à Robert Le Lorrain et Coysevox, pour ne citer qu'eux. Dans les jardins, on aménage un canal débouchant sur un plan d'eau de 260 mètres de diamètre. Mais voilà qu'en 1779, un incendie détruit Saverne à tel point que ses ruines doivent être rasées. Le cardinal de Rohan appelle alors l'architecte Nicolas-Alexandre Salins de Montfort, pour concevoir les plans du nouveau palais. Voici à quoi ressemblera l'édifice : un corps de logis de style néoclassique en grès rouge, de 140 m de long, prolongé par deux ailes en équerre. Le chantier, coûteux vous l'imaginez, se finance grâce à un impôt crée spécialement pour l'occasion !

Le château et son parc sont ainsi achevés en 1789. Le marquis de Valfons, en visite à Saverne en 1741, rapporte ce qu'il voit. Depuis le garçon de cuisine jusqu'au maître de maison, on compte pas moins de 700 lits, 180 chevaux, des calèches à volonté... quelle démesure ! Mais le palais connaît des heures plus sombres... confisqué et mis en vente à la Révolution, il ne trouve pas d'acquéreur et commence alors pour lui une longue dégradation. La ville de Saverne rachète un palais totalement défiguré en 1952.


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