Petite histoire du château de Rosay

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Vouivre (Legendes Valaisannes, 1919) - ©Internet Archive Book Images / Public domain Vouivre (Legendes Valaisannes, 1919) - ©Internet Archive Book Images / Public domain
Château de Rosay Château Légende Trésor

Me croirez-vous si je vous dis que le passage de la Révolution a transformé Rosay en un champ de ruines fumantes ? Quoi ? Ce fier château assis sur son rocheux perché à 485 m d'altitude ? Mais oui... Il faudra toute la passion et la patience de son propriétaire qui l'a entièrement relevé entre 1980 et 1995 : Marcel Duthion.

Un monsieur qui mériterait une page entière à lui seul ! Né en 1923 en Saône-et-Loire, cet ébéniste de formation a relevé presque seul, pierre par pierre, les murs du château de Rosay. Les parquets, les boiseries, le mobilier, il les réalise aussi ! Il s'inspire de châteaux du Jura mais aussi de monuments d'autres régions.

Mais attendez, commençons par le commencement... Construit au XIIe siècle sur un oppidum romain, le château doit son ancien nom, Rosellum, à la pierre rose qu'on extrayait là. Les Romains s'étaient installés ici à cause de l'importance des routes qui y passaient, reliant la France à la Suisse. Rosay s'est toujours transmis par alliance : les Rosay, les de Varax, les de Bernauld, les de Chissey. Jusqu'en 1793, en tout cas...

Lorsque sonne la Révolution, le domaine appartient aux Romanet. Et devant la horde de révolutionnaires qui assiège et pille le château, la famille décide de tout abandonner et d'émigrer ! La légende dit qu'une vouivre surveille jalousement le trésor qu'ils y auraient enfoui... Bref, voilà la fin de Rosay : on sait que depuis cette triste époque ne reste qu'un tas de ruines, que monsieur Duthion acquiert en 1980 afin de reconstruire Rosay... tel qu'il était du temps de sa splendeur !

Une des parties les plus remarquables du château, c'est peut-être son donjon carré : cette tour imposante d'un peu plus de 20 m de haut, avec des murs de 3 m d'épaisseur, constitue le seul vestige du château primitif. Et puis, on l'appelle depuis longtemps « tour de la Vouivre », du nom de ce serpent légendaire typique de la Franche-Comté... qui a fait son nid ici, dit la légende !


Et encore !