Petite histoire du château de Filain

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Le château - ©PEJKERT Michel / CC-BY-SA Le château - ©PEJKERT Michel / CC-BY-SA
Château de Filain Château

Filain et sa Laine !

Filain, dont le nom vient du latin fons lanae, qui signifie « fontaine de Laine ». Laine, pas celle du mouton, mais la petite rivière qui passe par notre village ! En tout cas, au XIIe siècle, les premiers seigneurs ont pris le nom de Filain. Après eux, au début du XVe siècle viennent par alliance les Andelot, puis les Sacquenay qui font construire une petite forteresse flanquée de 4 tours aux angles (2 de ces tours sont encore visibles aujourd'hui).

Un siècle plus tard, cette même famille lance de grands travaux : tout d'abord, construction de 2 bâtiments de style Renaissance qui joignent la vieille forteresse du XVe siècle. Et qu'est-ce qu'on y fait alors, dans ce logis médiéval ? Des transformations !

Le temps des aménagements

Les Sacquenay font aménager la belle et grande cheminée (qu'on peut toujours voir) dans la salle des gardes, avec sa monumentale sculpture de chasse au cerf, en ronde-bosse. Si vous regardez bien, surprise ! Les bois de l'animal... sont de vrais bois ! Un vrai chef-d'œuvre... Au rez-de-chaussée de l'un des bâtiments, les Sacquenay avaient ouvert une galerie à arcades typiquement Renaissance.

Un siècle plus tard, la nouvelle famille qui vient d'acquérir Filain, les Cointet, s'occupent de la façade qui donne sur les jardins à la française, celle avec son haut toit et ses 2 tours carrées. En 1670 les Cointet vendent leur château à Jean-François de Camus : c'est ce monsieur qui fait ajouter à nos 2 tours les toits à l'impériale ! Impériale ?

Oui ! Parce que la forme de ces toits rappellerait vaguement la couronne de l’empereur d'Allemagne, surmontée d'une boule... On trouve d'ailleurs beaucoup de ces clochers, souvent recouverts de tuiles vernissées, dans toute la Franche-Comté... Ouvrez l’œil !

Mais revenons à notre visite... Il fait aussi enlever le pont-levis, vestige de la forteresse primitive, et fait placer un escalier donnant dans les jardins. Jardins encore cernés de douves médiévales, qu'il fait combler. Bon, vous l'aurez compris, Camus est en train de donner à Filain son aspect actuel ! Après la Révolution, le dernier membre des Camus, Martin, vend son château au général Marulaz.

Un grand nom, ce Marulaz ! Né Jacob-François Marola (Marulaz, c'est son nom francisé), il participe à toutes les guerres napoléoniennes. Baron, puis comte de l'Empire, il sauve Besançon de l'assaut prussien en 1814 : un héros local, quoi ! Qui mérite bien son nom sur l'arc de Triomphe, à Paris... notre général finira sa vie à Filain, en 1842.


Et encore !