Petite histoire du château d'Arcelot

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Le château - ©W.Mechelke / WikimediaCommons / CC-BY-SA Le château - ©W.Mechelke / WikimediaCommons / CC-BY-SA
Château d'Arcelot Château Révolution Française

Flambant neuf !


Voilà le premier château de style néoclassique de Bourgogne ! L'histoire d'Arcelot commence au XVIIe siècle, lorsque la terre passe à Alphonse de Guéribout : un monsieur pour qui Arcelot se fait ériger en marquisat en 1674 !

Ensuite, Arcelot entre au tout début du XVIIIe siècle dans la famille de Verchère, grande famille de parlementaires bien connue dans la région. Il existe alors toujours la vieille forteresse primitive. Mais dans quel état ! Philibert Verchère, celui qui a racheté le domaine, va faire construire un château flambant neuf à quelques pas du vieux château.

Stucs et faux marbres


Faute d'argent ou de temps, on ne sait pas, les travaux ne seront jamais achevés ! L'architecte a juste construit les deux petits pavillons qui encadrent aujourd'hui le corps de logis principal... Un corps de logis qui voit le jour dès 1761 !

L'architecte bourguignon Thomas Dumorcey s'en occupe, à la demande du petit-fils de Philibert Verchère. Le chantier prendra fin en 1765 : on a là un beau château néoclassique, bien dans le goût de l'époque. Verchère en profite bien sûr pour aménager de somptueux intérieurs : stucs, faux marbres de toutes les couleurs... un décor réalisé par des artistes allemands et italiens.

Toute seule !


Mais voilà la Révolution... La fille du propriétaire de l'époque s'appelle Louise Archères d'Arcelot. Elle a à peine 11 ans, en 1792. Son père flanqué de son frère prennent leurs jambes à leurs cous, sentant venir les ennuis...

Ils s'enfuient vers Lyon, laissant seule la petite Louise ! Seule avec sa femme de chambre, seule sans sa mère qu'elle a perdue toute petite... Elle reste donc là, entre ces 4 murs beaucoup trop grands et trop silencieux...

Elle va y rester 4 ans ! Une fois par semaine, elle doit aller rendre compte au tribunal révolutionnaire à Dijon, montrer qu'elle habite bien au château pour que celui-ci ne soit pas réquisitionné...

Menus plaisirs...


Ainsi Arcelot ne sera pas vendu ! Au tout début du XIXe siècle, le paysagiste Jean-Marie Morel dessine le grand parc à l'anglaise flanqué de son étang. Savez-vous qui est ce Morel ? L'architecte des « menus plaisirs » du roi ! Il dessine les jardins d'Ermenonville et de Malmaison...

Et Arcelot est resté dans la famille de celui qui l'avait fait construire ! Même qu'en 1814, pendant la campagne de France, l'empereur autrichien François II et le tsar Alexandre Ier passent une nuit au château...

On visite quoi ?


Deux pièces à remarquer : la chapelle et le grand salon, qui ont gardé intact leur décor réalisé en 1765 par l'artiste allemand Reuscher. Dans le salon : tout est en faux marbre... sauf la cheminée !

Sinon, à l'extérieur : ne pas manquer le grand, grand parc à l'anglaise (45 ha), premier parc de ce genre en Bourgogne ! A remarquer l'étang de 6 ha avec au milieu une petite île flanquée de sa pagode... la seule et unique fabrique qui reste !


Et encore !