Petite histoire de Sainte-Eulalie de Bordeaux

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La façade - ©Olivier432 / CC-BY-SA La façade - ©Olivier432 / CC-BY-SA
Eglise Sainte-Eulalie de Bordeaux Eglise paroissiale Epidémie Charlemagne Relique

Une vieille église


Il était une fois, au VIIe siècle... il existe alors une ancienne abbaye de femmes dédiée à Eulalie, jeune sainte espagnole martyrisée au IVe siècle. L'abbesse fondatrice de ce couvent s'appelle Hildemarche. L'église primitive datait sûrement des premiers temps de l'abbaye... mais voilà que débarquent les Sarrasins, au VIIe siècle ; un véritable rouleau compresseur qui détruit tout sur son passage ! On ne reconstruit jamais le couvent... En revanche, une nouvelle église voit le jour au début du IXe siècle.

A cette époque, Charlemagne lui donne les reliques de 7 martyres ; preuve en est de cette inscription sur marbre noir, qui dit :
L'an 811, Saint Charlemagne, roi de France, a fondé cette chapelle et déposé, derrière l'autel, les 7 corps des saints qui ont reçu la couronne de martyr pour la défense de la foi chrétienne. Ces saints sont saint Clair, saint Justin, saint Girons, Saint Sévère, saint Jean, saint Polycarpe et saint Babyle.


Reliques qui aujourd’hui ont retrouvé leurs « maisons » :
• Sévère, à l'abbaye de Saint-Sever (Landes)
• Clair à Lectoure (Gers)
• Girons à Saint-Girons (Landes).

Le cardinal de Sourdis fonde d'ailleurs en 1624 une procession annuelle en l'honneur des « Corps Saints », le dimanche qui suit la fête de saint Clair, c'est-à-dire début juin ! Bref... en 1174, l'archevêque de Bordeaux Guillaume Ier consacre l'église actuelle : longue de 81 mètres sur 21 mètres de large, de style gothique, elle comprend 3 nefs du XIVe siècle. Plusieurs remaniements lui ont donné l'allure qu'elle a aujourd'hui : entre autre, la reconstruction du portail actuel au milieu du XIXe siècle, et le réaménagement du clocher, détruit en 1612 par la foudre...

Découvertes


La terre tremble !


On a retrouvé des inscriptions sur les murs, à côté des orgues, qui nous indiquent les dates de 2 tremblements de terre :
L'an du Seigneur 1372 la terre trembla, le troisième jour de mars qui fut le premier jour de Carême, à l'heure de minuit. La terre trembla aussi le lundi avant la Saint-Urbain, c'est-à-dire le 25 mai, l'an de notre Seigneur 1373. De même l'an de notre Seigneur 1375, Raymond Debu, ouvrier, a élevé le portail.
Une autre inscription mentionne :
Cette voûte a été achevée l'an 1398, au mois d'octobre, par De Copinhe, ouvrier.
Une troisième nous en apprend plus sur l'époque de construction du clocher. Elle dit :
Ce clocher a été construit grâce aux dons d'Yves de Campande, bénéficier de cette église, commencé le mois de mai de l'an 1476, avec l'ouvrier Guillem de Lestonnac.


Un bâton contre la peste


Ste-Eulalie abrite aussi deux trésors : venez voir ! Cette superbe grille en fer forgé réalisée en 1751 par Blaise Charlut, un serrurier origine de La Réole : elle garde magnifiquement bien l'entrée de la chapelle des Corps Saints, celle de nos 7 martyrs.

On voit aussi le beau bâton de procession de saint Roch (XVIe siècle), précieuse relique qui se trouvait à l'origine au couvent des Grands Carmes de Bordeaux. Un bâton miraculeux, qui sait ? Puisqu'on invoquait toujours ce saint en cas de maladies, surtout pendant les épidémies de peste...


Et encore !