Petite histoire de Saint-Nizier de Lyon

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La façade - ©Tony Castle / CC-BY-SA La façade - ©Tony Castle / CC-BY-SA
Eglise Saint-Nizier de Lyon Eglise paroissiale

Une conque pour portail


Aah, nous voilà maintenant devant l'une des églises les plus anciennes de Lyon, Saint-Nizier. Nizier ?! Oui ! Né vers 513 en Bourgogne dans une famille de sénateurs, il succède à son oncle Sacerdos, en tant qu'évêque de Lyon.

La façade parait un peu bancale, non ? Oui, à cause de ses 2 flèches d'époques différentes : l'une du XVIe siècle, élevée en même temps que la façade Renaissance ; l'autre de style gothique, du XIXe siècle (1858), réalisée par l'architecte lyonnais Benoit. Mais cela n'enlève rien à la finesse du portail de Philibert Delorme, en forme de conque.

Looongue construction


Pothin et tout le tintouin


On dit que saint Pothin a construit un petit oratoire vers 150 où il venait prier avec les premiers chrétiens de la ville. D'ailleurs, dès 330, on vient nombreux ici en pèlerinage.

Au Ve siècle, on construit une basilique dédiée aux Apôtres : elle devient cathédrale en 580 sous son nom actuel de Saint-Nizier, parce que les restes de celui-ci y sont déposés. De nombreux évêques sont alors inhumés ici : Rustique en 499 ; Sacerdos en 551 ; Nizier en 573...

Mais en 799, un fléau venu du sud s'abat sur notre église : j'ai nommé les Sarrasins ! Qui s'en donnent à cœur-joie et saccagent l'église en moins de temps qu'il faut pour le dire... Reconstruite au IXe siècle par l'évêque de Charlemagne, Leidrade, rebelote : les Vaudois la brûlent en 1253.

Généreux, ces Lyonnais !


En 1305, l'archevêque de Lyon, Louis de Villars, érige l'église en collégiale et y place 16 chanoines. Voilà qu'en ce début de XIVe siècle peut commencer la construction de l'église actuelle : en plus, comme l'archevêque donne des indulgences à ceux qui contribuent au financement des travaux, le chantier ne peut que bien se passer !

Tenez, un certain Jean de Marines fait commencer le chantier grâce à ses dons. En 1454, on commence le clocher, avec des pierres provenant des ruines des monuments romains de la ville. L'abside, le transept suivent bientôt. Un riche marchand, Pierre Renouard, fait élever le maître-autel et décorer tout l'édifice. Finalement, il fait presque achever les travaux de la basilique. Pourquoi presque ? Parce qu'il meurt en 1528 !

Ses descendants prennent donc le relais et s'occupent de l'achèvement du chantier. Ne reste plus que la façade : la tradition veut que ce soit le Lyonnais Philibert Delorme qui s’attelle à la tâche dès 1536.

Réaménagements, restaurations


Les armées bombardent !


Un temps troublée par les saccages des Protestants du baron des Adrets en 1562, l'église bénéficie d'un coup de jeune vers 1730 : tout l'extérieur est restauré et les cloches remplacées ; 15 ans plus tard, on embellit et on réaménage totalement l'intérieur.

Vient ensuite la Révolution : vous connaissez sûrement le fameux siège de Lyon par les armées de la Convention en 1793 ? Hé bien, la voilà, l'armée qui détruit la voûte de la nef à coups de boulets de canons !

Il faut la refaire d'urgence ! Viennent après la restitution des boiseries du chœur, la réalisation de l'autel en marbre blanc de Carrare. Mais les travaux s'arrêtent en 1829, faute de moyens... Ils reprendront en 1835 avec l’aménagement de la crypte actuelle par l'architecte Pollet.

La Vierge de Coysevox


Et s'il y a un trésor dans notre église, c'est bien la jolie statue de la Vierge d'Antoine Coysevox. Un Lyonnais, tiens, et non des moindres ! Les œuvres de ce grand monsieur se retrouvent au château de Versailles, au Louvre, à Chantilly, au parc de Sceaux...

Une chapelle pour une blessure


Oh, une dernière chose : au sud de la place se trouvait la chapelle Saint-Jaques-le-Majeur, fondée en 1222 par Gaspard de Chaponnay et sa femme Clémence : tous les ans y avait lieu l'élection des échevins de la ville, après une grande messe à Saint-Nizier.

C'était une chapelle régie par une confrérie de croyants qui avait fait le pèlerinage de Compostelle, en Galice (Espagne). Chaponnay la fonde pour remercier la Vierge et saint Jacques d'avoir guéri de vilaines blessures reçues lors du siège de la ville anglaise de Winchester par le fils de Philippe Auguste, Louis.

On la reconstruit au XVe siècle mais à la Révolution, on la supprime définitivement...


Et encore !