Petite histoire de Notre-Dame de Bordeaux

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La façade - ©Marc Ryckaert (MJJR) / CC-BY-SA La façade - ©Marc Ryckaert (MJJR) / CC-BY-SA
Eglise Notre-Dame de Bordeaux Eglise paroissiale

Complètement baroque !


Moine, mais génie de la pierre !


Alors oui : voici l'ancienne église des Dominicains ou des Frères Prêcheurs, devenue paroissiale après la Révolution.

L'église primitive date du XIIIe siècle : c'est à cette époque que les moines ont fondé leur monastère. L'église actuelle, elle, se construit entre 1684 et 1707 sous la direction d'un frère dominicain du nom de Jean Maupeau.

Mais oui, parce qu'on peut être moine, mais aussi architecte talentueux... Dans cette tâche l'accompagne l’architecte et ingénieur du roi, Pierre Michel, seigneur du Plessis. Maupeau décédant en 1693, hop ! Le frère Jean Fontaine le remplace aussitôt. En 1700, on commence par l'érection des voûtes, achevées en 1707.

L’œil trompé


Suit la façade : elle frappe par son foisonnement de détails, vous ne trouvez pas ? On appelle ce style le « jésuite baroque » ou art des Jésuites : trompe-l’œil, effet de perspective, volutes et couleurs éclatantes se mêlent... artistiquement !

On a souvent comparé la façade à celle de l'église du Gesù, à Rome : elle se divise en 2 parties des 2 ordres ; la porte est encadrée de statues réalisées en 1865 par le sculpteur Prévôt : on a là saints Ambroise, Grégoire, Jérôme et Augustin.

Au-dessus de l'entrée se trouve un bas-relief de l'apparition de la Vierge à saint Dominique : elle lui donne le chapelet... qui a donné son nom à la place ! On a 4 médaillons, aussi : Albert le Grand, professeur à l’Université de Paris ; les papes Pie V et Benoît XI ; l'archevêque italien saint Antonin.

Sans oublier les petits anges légers comme l'air, portant une croix, un chandelier...

Une superbe décoration


Allez, entrons, maintenant : l'église se compose, comme le Gesù à Rome, d'une seule nef, de chapelles latérales, d'une abside mais pas de transept.

Léger froufroutement d'ailes


La décoration intérieure a demandé beaucoup plus de temps : mais quand on voit le superbe résultat, on comprend pourquoi ! Vous n'avez qu'à voir le magnifique autel en marbre : tous ces petits anges, partout ! Aériens, légers, délicats, volant dans un froufroutement d'ailes et de draperies... très XVIIIe siècle, tout ça !

On a d'ailleurs souvent évoqué les noms de Boucher ou de Fragonard pour le dessin de cet autel... ou peut-être Guillaume Coustou, qui a réalisé la belle statue du maître-autel, l'Extase de Saint-François-Xavier (1744) dans l'église Saint-Paul ? En fait, on pense plutôt à l'avignonnais Jean-Baptiste Peru, même si une inscription sur l'autel mentionne la date de 1751 et les noms de Joseph Besserie et Antoine Couderc...

Rubans Pompadour


Beaucoup de belles choses à voir, sinon : la chaire en bois et en marbre rouge du XVIIIe siècle, réalisée par un certain frère Thomas, tout comme le buffet de l'orgue d'ailleurs.

On fait aussi appel au frère dominicain Jean André, de Paris, pour réaliser 10 tableaux d'autel, livrés entre 1712 et 1741. Jean André a appris son métier en Italie, auprès du peintre officiel des papes, Carlo Maratta et en France auprès de Jean Jouvenet.

Pour finir, la superbe grille en fer forgé dans le chœur, réalisée en 1780 par le serrurier bordelais Moreau : les panneaux des vantaux sont ornés de médaillons avec les portraits en relief des 4 évangélistes, suspendus par des rubans Pompadour. Au-dessus, une croix et des instruments de musique.


Et encore !