Petite histoire de l'abbaye Notre-Dame de Nanteuil

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Mur de la salle capitulaire - ©Jack ma / CC-BY-SA Mur de la salle capitulaire - ©Jack ma / CC-BY-SA
Abbaye Notre-Dame de Nanteuil Abbaye Bénédictin

Une fondation royale !

La légende attribue la fondation de l'abbaye à Charlemagne, en 780, qui l'enrichit considérablement et la place sous la dépendance de l'église de Bordeaux. Un petit oratoire se trouvait déjà à l'emplacement où on construira un peu plus tard l'église et les bâtiments conventuels... A la fin du IXe siècle, les Normands brûlent et pillent l'abbaye.

Un certain Guillaume le Noble la relève de ses cendres peu après et y installe une vingtaine de moines. De ces moines sortent quelques pointures ! Seguin, devenu archevêque de Bordeaux en 999, Rodolphe de Couhé, évêque de Périgueux en 1000 ou Géraud, évêque de Limoge vers 1012... Notre abbaye pendant ce temps s'enrichit petit à petit.

Dès le XIe siècle, l'église et les bâtiments conventuels sont reconstruits et agrandis : une ladrerie (hôpital destiné aux lépreux) dédiée à Saint-Thomas se construit à quelques mètres de là, sur la route de Charroux (malheureusement disparue au XVe siècle). L'abbaye reçoit des terres ; les moines s'entourent alors d'un grand domaine agricole qu'ils exploitent eux-mêmes. Des terres, mais aussi des reliques.

Plein de reliques ! Celle de sainte Anne, un clou de la vraie croix... Ces deux-là, c'est Charlemagne qui les donne, selon la légende. Mais on compte aussi les vêtements de la Vierge, une dent de saint Pierre, des cheveux de Marie-Madeleine, le pouce de saint Cloud... la liste n'en finit pas !

De grandes constructions

Mais revenons aux travaux entrepris au Moyen-Age : l'église commencée vers 1047 par Aymard de La Rochefoucauld, seigneur de Ruffec, s’achève au début du siècle suivant. Au sud de l'abbaye, on trouve une grande tour carrée contenant les archives de l'abbaye et le Trésor, où, dit-on, on mettait les ossements et où Charlemagne aurait été enseveli !

Une rareté, en tout cas, architecturalement parlant... Au sud, on trouvait des magasins construits au XIIIe siècle. Mais voilà... Au milieu du XVe siècle, des pillards rançonnent la région. Les moines vont donc se protéger : ils fortifient l'abbaye et profitent pour construire des murailles autour de la ville.

Pourtant, par 2 fois, les Anglais brûlent le monastère. Les objets précieux disparaissent, les cloches fondent, mais les reliquaires restent sur place... pour une bonne raison ! Trop lourds ! Les pillards ne peuvent pas les déplacer d'un poil !

Détruite pendant la guerre de Cent Ans, on reconstruit Notre-Dame entre 1440 et 1448 puis entre 1468 et 1492 : les documents de l'époque rapportent l'état de ruine dans lequel se trouvent les bâtiments, à tel point que nos moines ne pouvaient plus y vivre...

Une quinzaine d'entre eux se retrouve dispersée à travers le pays et ne réintégrera que tardivement leur abbaye. La mise en commende de Notre-Dame porte le coup fatal : le nombre de moines diminue, les revenus aussi. Supprimée en 1770 par l'évêque de Poitiers, l'abbaye tombe en ruines à la Révolution.


Et encore !