Petite histoire de la chapelle de la Miséricorde de Nice

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La façade - ©Gus.mlb / CC-BY-SA La façade - ©Gus.mlb / CC-BY-SA
Chapelle de la Miséricorde de Nice Chapelle

La chapelle


Autrefois, l'église s'appelle chapelle Saint-Gaétan, du nom de Gaétan de Thiene, moine italien fondateur de l'ordre des Théatins. Ce sont d'ailleurs les Théatins qui font construire cette chapelle en 1736, d'après les plans de l'architecte italien Guarini.

Transformée en un entrepôt à la Révolution puis en salle de spectacle, elle est rendue au culte au tout début du XIXe siècle. Elle devient alors chapelle de la Miséricorde en 1828, lorsque la confrérie des Pénitents Noirs s'y installe. Les Pénitents Noirs ?

Il existe 4 sortes de confréries à Nice :
• celle des Pénitents Bleus, fondée en 1431, qui possède sa chapelle de l'Assomption.
• les Pénitents Blancs, de la confrérie de la Sainte-Croix ou du Gonfalon, fondée à Nice en 1306.
• les Pénitents Rouges, de la confrérie du Saint-Suaire, fondée à Nice en 1585.
• Et nos Pénitents Noirs de la confrérie de la Miséricorde, fondée en 1522. Elle se compose des Niçois les plus riches et les plus influents.

Les deux retables


Allez, allons jeter un œil à l'intérieur. Dans la sacristie, voici nos deux retables : deux Vierges de Miséricorde, l'un par Louis Bréa (vers 1485) et l'autre par Jean Miralhet (vers 1430).

Jean Miralhet


Commençons avec celui de Miralhet ! L'historien de l'art Léon Palustre de Montifaut (XIXe siècle) en dira : « Ce retable rappelle l'école florentine et les suaves peintures de Fra Angelico. » Le détail le plus amusant, c'est cette foule de petits personnages, papes, cardinaux et seigneurs de tous poils que la Vierge abrite sous les pans de son manteau ! A droite, saint Sébastien et saint Grégoire. A gauche, saint Côme et saint Damien.

Au-dessus de ces saints se trouvent saint Estève, saint Laurent, saint Valentin, sainte Pétronille plus un Jésus sur un fond bleu nuit étoilé. La prédelle (la partie inférieure du retable) montre, de gauche à droite : Jésus et Marie-Madeleine, la mise au tombeau et l'ange qui apparaît près du tombeau de Jésus. Le retable porte l’inscription : « HOC PINXIT JOHANES MIRAIHETI (PETTINATI LUIGI RESTAURAVIT 1850) », autrement dit « Peint par Jean Miralhet (ou Miraiheti). Restauré en 1850 ».

Louis Bréa


Passons au retable de Bréa : la Vierge, entourée de deux anges, tient Jésus dans le bras gauche. Regardez : comme dans le retable de son confrère, Marie écarte un pan de son manteau de la main droite ; plein de petits personnages s'y trouvent ! Petit détail amusant, on voit au fond une vue de l'ancien château de Nice et du pont Saint-Antoine. C'est la partie centrale du retable qu'a peint Bréa, les panneaux latéraux ayant été ajoutés au XIXe siècle.

La Miséricorde de Bréa est restée plusieurs siècles exposée à l'air libre, dans une niche tout près de la cathédrale Sainte-Réparate ! Quand on se décide à faire quelque chose, il est trop tard, la toile est bien abîmée. Un certain David la restaure quand même en 1874. David qui, pense-t-on, a rajouté quelques détails de son cru, absents de l’œuvre primitive !


Et encore !