Petite histoire de la cathédrale de Cahors

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La cathédrale - ©Clément Bucco-Lechat / CC-BY-SA La cathédrale - ©Clément Bucco-Lechat / CC-BY-SA
Cathédrale Saint-Etienne de Cahors Cathédrale

Cette cathédrale de style byzantin doit-elle son allure de forteresse aux périodes troublées qui ont ravagé Cahors à différents moments de son histoire ? Peut-être bien... Selon la légende, la fondation de la première cathédrale remonte à la fin du IIIe siècle. Dédiée à saint Etienne, elle est ravagée par Théodebert en 574 lorsqu'il s'empare de la ville. Reconstruite au VIIe siècle par saint Didier, c'est une cathédrale bien mal en point que trouve l’évêque Géraud III de Cardaillac quand il décide de sa restauration ! Quand ce dernier part en 1109 pour la croisade, les travaux sont en cours : en 1119, le chœur et la nef sont quasiment achevés.

Jusqu'au second tiers du XIIe siècle, le chantier se poursuit avec la construction du portail roman au nord. Le temps file... des campagnes de restauration se font à la fin du XIIIe et du XIVe siècle : voyez un peu ! Le chœur menace de s'écrouler, la voûte « tombe de vétusté ». On reconstruit l'abside et la façade et on ajoute aussi des chapelles latérales sur la nef. Aux XVe et XVIe siècles, on aura le droit à de nouvelles campagnes. Et oui ! Autres temps, autres mœurs... La guerre de Cent Ans menace alors tout le Quercy, entièrement assiégé par les Anglais. Cahors résiste tant bien que mal jusqu'à la signature du traité de Brétigny en 1360, qui livre la ville aux mains des Anglais. Un siècle après, suite au départ de l'ennemi, Cahors est complètement ruinée.

Mais ce n'est pas fini ! Les guerres de Religion engendrent massacres et rivalités entre catholiques et protestants. Les troupes d'Henri de Navarre en 1580 prennent la ville de force, assiégeant par la même occasion notre cathédrale, détruisent son mobilier, les autels en marbres, le plomb des toitures... Un siège qui dure 3 longs jours ! Et qui n'a même pas réussi à détruire la relique de la « sainte Coiffe », linge qui aurait enveloppé la tête de Jésus et que Charlemagne a donné à l'évêque de Cahors au tout début du IXe siècle... A l'intérieur, on doit les peintures du chœur et des coupoles au pape Jean XXII, terminées en 1324 en même temps que les parties hautes de la façade. Le portail nord date du XIIe siècle, la façade occidentale du XIVe siècle. Début XVIe siècle, Antoine de Luzech fait élever le cloître gothique flamboyant.


Et encore !