Petite histoire de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port

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La façade - ©TitTornade / CC-BY-SA La façade - ©TitTornade / CC-BY-SA
Basilique de Saint-Nicolas-de-Port Basilique Pèlerinage

Un grand pèlerinage

Très tôt, un grand pèlerinage se met en place dans la petite ville. Il faut dire qu'au XIe siècle, un seigneur lorrain du nom d'Albert de Varangéville avait ramené d'Italie la phalange de saint Nicolas. Les Italiens l'avaient volé à Myrrhe, en Lycie (actuelle Turquie), région natale du saint.

Albert la dépose dans une chapelle dédiée à la Vierge au milieu des bois. Les Lorrains, et bientôt les gens de beaucoup plus loin, se précipitent pour voir la relique qui fait des miracles !

Devant cette foule immense, on décide de reconstruire un édifice plus grand, dès 1101. Autour de l'église se développe une petite ville, toute entière dédiée à la vente de souvenirs liés au saint. Et oui ! Une vraie ville touristique, qui prospère très vite ! Figurez-vous que les princes lorrains accordent nombres de privilèges aux marchands, ce qui rend la ville la plus riche de Lorraine... plus riche que Nancy, c'est pour dire !

Achevée en 1194, l'église primitive reçoit de précieux objets : le bateau d'argent de Marguerite, épouse de saint Louis, sorte d'ex voto qu'elle offre en remerciement : elle avait prié si fort saint Nicolas de lui ramener son mari sain et sauf, pris dans une terrible tempête alors qu'il rentrait des croisades !

On a aussi le bras reliquaire d'or et celui d'argent, offerts par le duc Charles II de Lorraine et René Ier d'Anjou. Mais aussi « l'ornement » offert par Marguerite d'Angleterre, « d'or, enrichi de perles avec les armes de Lorraine et d'Angleterre, qui consiste en une chasuble, deux tuniques, deux étoles.

On trouve sur ces pièces des figures en soie qui représentent les miracles du saint. » De vrais trésors ! Mais qui ont malheureusement disparu pendant la Révolution...

La basilique actuelle

Mais nous voilà au XVe siècle. C'est à cette époque qu'apparaît Simon Moycet, fils d'un marchand drapier de la ville et curé de Saint-Nicolas. Simon fait beaucoup pour sa ville. Mais ce dont il rêve le plus, c'est de reconstruire l'église, qu'il juge trop modeste : chose faite dès 1495 !

Il met sa fortune personnelle dans cette construction, et en dessine même les plans ! A sa mort en 1520, l'église a bien avancé : les 3 nefs voûtées sont achevées, l'édification du portail et des tours commence.

Enfin, en 1544, le chantier s'achève : c'est alors la plus belle église que la Lorraine ai jamais vu ! Mais au cours de la guerre de Trente Ans, en 1635, un incendie détruit charpente, toiture et vitraux.

La restauration commence en 1664, époque à laquelle on pose les bulbes d’ardoise sur les 2 tours. Saint-Nicolas devient basilique en 1950, après de longs travaux de restauration visant à effacer les destructions de la Seconde Guerre...


Et encore !