Petite histoire de l'Opéra de Lyon

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La façade - ©Daderot / Public domain La façade - ©Daderot / Public domain
Opéra de Lyon Salle de spectacles Molière

Un théâtre itinérant


Mystères sur tréteaux


C'est au tout début du XVIIIe siècle qu'un théâtre permanent s'établit à Lyon. Je dis permanent, parce que dans le temps, c'était une autre paire de manche : les comédiens allaient de place en place et montaient leurs tréteaux un peu partout sur la voie publique. On jouait surtout dans les églises au Moyen-Age, on y donnait des mystères : sortes de petites saynètes racontant la vie des saints et autres choses religieuses.

A Lyon, on sait qu'en 1538, un certain Jean Neyron fait une première tentative de théâtre « permanent », rue des Augustins. Ce riche bourgeois avait acheté un énorme pâté de maisons près de l’église des Augustins pour y faire construire un grand théâtre flanqué (on le sait grâce aux récits de l'époque) de plusieurs galeries superposées et décoré d'un plafond peint.

On y jouait « les dimanches et les jours de fêtes après dîner » des « histoires de l'ancien et du nouveau Testament ». La salle ne fait pas long feu après la mort de Neyron.

Molière et sa troupe


Puis en 1600, la manécanterie, près de la cathédrale St-Jean, fait office de salle de spectacles pendant la visite du roi Henri IV. Des comédiens italiens y jouent des tragédies.

Molière vient même jouer pour la première fois son Etourdi, en 1654 ! Oui, dans une petite salle, ancien jeu de paume, située près de l'église Saint-Paul. Là, les actrices mesdemoiselles Duparc et de Brie quittent leur compagnie lyonnaise pour rejoindre celle de Molière...

L'auteur revient quelques années plus tard jouer à Lyon, pour les pauvres, cette fois, avec tous les bénéfices reversés à l'hôtel-Dieu !

La salle actuelle


Dans le rôle titre...


La première salle de théâtre permanente date de 1713, située sur la place du Gouvernement. Plusieurs fois détruite par des incendies, on la fait reconstruire par l’architecte Soufflot en 1756.

On y joue pour l'inauguration Britannicus, avec la célèbre tragédienne parisienne mademoiselle Clairon, dans le rôle d'Agrippine ! Mais là encore, il faudra entièrement reconstruire le théâtre : celui conçu par les architectes lyonnais Chenavard et Pollet, entre 1828 et 1831. Au rez-de-chaussée, s'installent alors plusieurs boutiques...

Il manque une muse, non ?


Restauré en 1842 dans le style Louis XV par l'architecte René Dardel (à qui l'on doit la Bourse de Lyon), on a placé sur l'attique 8 Muses, les célèbres Muses de la mythologie grecque, filles de Zeus, qu'on associe toujours aux arts et aux lettres.

Comment ça, il y en a 9 ? Ah mais oui, je sais bien ! Mais ici, pouf ! Plus d'Uranie, exit la muse de l'astronomie ! Par souci de symétrie, parait-il ... ou parce que la science de l'astronomie n'a rien à faire dans un théâtre, tout simplement !

Jean Nouvel au commande


Finalement, les travaux de la salle actuelle débutent en 1989 : on a beaucoup râlé lorsque l'architecte Jean Nouvel a ajouté un grand dôme moderne au-dessus du théâtre. Plutôt étrange, mais finalement, on se fait bien à ce mélange moderne/ancien : et puis, eh, ce ne sera pas le seul architecte à subir les critiques... on a beaucoup tapé sur Viollet-le-Duc, de son temps, pour ses restaurations jugées trop fantaisistes.


Et encore !