Petite histoire de l'hôtel de Bagis

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La façade - ©Albertvillanovadelmoral / CC-BY-SA La façade - ©Albertvillanovadelmoral / CC-BY-SA
Hôtel de Bagis Hôtel particulier Catastrophe naturelle Nicolas Bachelier

L'élève de Michel-Ange ?


Dans la petite rue étroite de la Dalbade, la façade de l'hôtel de Bagis (qu'on connaît aussi sous le nom d'hôtel de Pierre, car c'est bien l'une des rares maisons nobles toulousaines à ne pas avoir été construite en brique) est un bel exemple de style Renaissance, surchargé, grandiose et imposant !

Construit pour le conseiller au Parlement Jean de Bagis, c'est l’architecte Nicolas Bachelier (qui construira une vingtaine d'années plus tard l'hôtel d'Assézat) qui s'occupe de l'aménagement de cette maison. Il s'agit en fait de la toute première réalisation de cet homme dont on dit qu'il a été l'élève de Michel-Ange !

Un document d'archives mentionne effectivement le contrat passé en 1538 entre monsieur de Bagis, Nicolas Bachelier et le maître-maçon Antoine de Lescalle. La maison se compose alors d'une belle façade ornementée sur la rue de la Dalbade, d'une cour carrée centrale et d'un petit jardin donnant sur la Garonne. Jean de Bagis meurt en 1570 et l'hôtel est alors vendu en 1601 à Nicolas Guerrier, un apothicaire dont la fille Gabrielle épouse François de Clary.

Une crue fait son bonheur !


Le monsieur, premier président du parlement de Toulouse et ensuite maître des requêtes au parlement de Paris, transforme son hôtel dès 1610.

La légende dit que c'est l'architecte périgourdin Pierre Souffron qui a construit notre hôtel : installé au début du XVIIe siècle dans la ville rose, il construit le pont Neuf de Toulouse à la même époque, alors, pourquoi pas ?

Et vous savez quoi ? Une crue de la Garonne permet de mettre à jour des morceaux de colonnes de marbre provenant d'un temple antique : Clary s'en empare et les fait ajouter à sa façade, déjà bien surchargée !

Malheureusement, il meurt en 1615 sans avoir eu le temps d'achever le décor de la façade. C'est un certain Calvet-Besson qui rachète l'hôtel en 1855, et qui la fait terminer : il fait entre autre poser deux plaques pour raconter la belle histoire de la construction de l'hôtel.


Et encore !