Petite histoire de l'église Saint-Augustin de Nice

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L'église - ©Patrice Semeria / CC-BY-SA L'église - ©Patrice Semeria / CC-BY-SA
Eglise Saint-Martin-Saint-Augustin Eglise paroissiale Giuseppe Garibaldi

Une vieille église


Nous voilà devant la plus ancienne paroisse de Nice, créée en 1510. C'est vous dire s'il s'en est passé des choses, ici ! La tradition niçoise veut que Martin Luther y célèbre une messe le 20 juin 1534. Enfin, c'est la légende qui le dit, hein, parce que Luther à cette époque n'a jamais mis les pieds à Nice...

En revanche, c'est ici que fut baptisé Garibaldi, comme le mentionne les registres de l'époque : « L'an 1807, le 19 du mois de juillet, a été baptisé Joseph-Marie, né le 4 juillet, fils de Jean-Dominique Garibaldi, marin et de Rose Raymondo. » La famille du futur homme politique italien habitait effectivement le quartier...

Mais notre église, alors ? L'ancien clocher s'est effondré en 1887 et la façade date seulement de 1854 : avec sa porte d'entrée flanquée de 4 colonnes doriques, elle paraît bien simple, totalement dépouillée de décorations ; au-dessus, un attique d'ordre ionique vient quand même animer l'ensemble.

Le saint protecteur


Allez, entrons à l'intérieur : regardez, ce tableau dans la chapelle Saint-Nicolas ! Mais qui est cet homme représenté en pleine prière ? Saint Nicolas de Tolentino, un ermite augustin qui devint le patron de la ville de Nice ! On l'a particulièrement sollicité pendant le siège de 1706, où les armées du roi Soleil affrontent celles du duc de Savoie.

On se réunit, on bavarde, on s'inquiète du sort de la ville. Finalement, on décide, pour calmer le feu de la guerre, d'invoquer saint Nicolas et lui faire des offrandes ! Les moines Augustins font dire des messes devant son autel, dans sa chapelle. Et la guerre passe... merci Nicolas !

En tout cas, depuis, les Niçois l'ont beaucoup invoqué pour se protéger de la foudre et des armes à feu. Le jour de sa fête, dans l'église Saint-Augustin, on avait l’habitude de vendre des petits pains avec l'effigie du saint dessus... une sorte de talisman porte-bonheur ! Car Tolentino avait aussi la réputation de soigner les gens malades...

La Piéta de Bréa


Deuxième curiosité : une Piéta attribuée au Niçois Louis Bréa. Ce tableau de près d'1m45 de haut représente la scène traditionnelle de la Vierge avec son fils Jésus, mort sur ses genoux, saint Jean et Marie-Madeleine se tenant à ses côtés. On date généralement cette Piéta de 1489.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve les visages très touchants, particulièrement celui de Jean, à gauche, qui essuie une petite larme... La scène, assez sombre, est seulement rehaussée par les touches bleues du ciel et le rouge des vêtements des saints, de chaque côté du panneau...


Et encore !