Petite histoire de l'abbaye Saint-Savin-de-Gartempe

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L'abbaye - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA L'abbaye - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Abbaye de Saint-Savin-de-Gartempe Abbaye Bénédictin

Sacré Charlemagne !


Charlemagne et son fils Louis le Pieux offrent à l'abbaye beaucoup de richesses. Charlemagne la fait même fortifier : eh bien, figurez-vous qu'à l'époque de l'invasion normande au IXe s, c'est la seule abbaye de la région à rester debout ! Grâce au castrum de Charlemagne, sans doute... En 1010, la duchesse d'Aquitaine et du Poitou Aumode donne énormément de richesses à l'abbaye, ce qui la fait décoller : on construit alors l'église actuelle. Au XIIe s, le monastère prospère. Il a droit de péage et son abbé devient le seigneur de la châtellenie de Saint-Savin. Le comte de Poitiers Alphonse, frère de saint Louis, fait en sorte que soient construits les bâtiments conventuels.

Des problèmes en pagaille


A partir de là, quelles péripéties, dans la longue histoire de Saint-Savin ! Ecoutez plutôt ça : attaquée par les Normands au IXe s on l'a dit, reconstruite au XIe s sous l'abbatiat d'Odon II entre 1023 et 1050, incendiée par les Anglais en 1371 puis par les Protestants durant les guerres de Religion... Ces deux conflits font beaucoup de mal à l'abbaye. Les hommes aussi : les abbés commendataires font détruire le cloître et les bâtiments conventuels du XIIe s en 1600 pour en vendre les pierres... Saint-Savin doit sa résurrection en 1640 aux Bénédictins de Saint-Maur. Entre temps, un étrange personnage y avait élu domicile, de 1611 à 1634 : l'abbé Henri de Neuchèze, sorte de bandit qui détériore un peu tout sur son passage, transformant l'abbaye en repaire pour sa clique !... Il sème tellement la pagaille qu'il fait fuir presque toute la ville...

En 1644, il ne reste qu'une dizaine d'habitants à Saint-Savin ! Les choses changent avec l'arrivée des bénédictins de Saint-Maur qui reprennent les rênes de l'abbaye. Ils restaurent l'église, font construire de nouveaux bâtiments dès 1675, encore visibles aujourd'hui. C'est l'architecte François Le Duc dit Toscane qui s'occupe des travaux. A la Révolution, l'abbaye se retrouve divisée en 3 lots : l'église, les bâtiments conventuels et le logis de l'abbé. Tout tombe vite en ruine... Surtout que les bâtiments sont transformés en maison pour l’instituteur et en gendarmerie ! L'église devient paroissiale en 1792 mais plus personne ne l'entretient. L'humidité commence à faire des dégâts. Aïe, on a même des parties qui s'effondrent !

Prosper à la rescousse


L’abbaye tombe en botte dès le XVIIe s. En 1833 arrive le préfet du département Alexis de Jussieu qui se rend compte de l'ampleur des dégâts. Il faut vite faire quelque chose. Vite ! Mais qui ? Qui pour sauver ce trésor inestimable ? Débarque alors l'inspecteur général des Monuments historiques, Prosper Mérimée. Alarmé par l'état de délabrement avancé, il lance au plus vite de grands travaux de restauration, ce qui permet le classement de l'église en 1840. Les peintures sont définitivement sauvées en 1849. Jusqu'au XXe s du moins ! Dans les années 1960, on restaure les fresques et on consolide les voûtes de la nef. Enfin, ce qui devait arriver... arriva : en 1984, le classement de Saint-Savin à l'UNESCO !


Et encore !