Petite histoire de l'abbaye d'Hautecombe

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Vue d'ensemble - ©Torsade de Pointes / CC0 Vue d'ensemble - ©Torsade de Pointes / CC0
Abbaye d'Hautecombe Abbaye Lieu de sépulture Cistercien

Une nécropole royale


Véritable nécropole des grands de Savoie (comme les rois de France avec la basilique Saint-Denis, oui), Hautecombe aura tout connu, des hauts, des bas, ainsi qu'une magnifique renaissance ! Mais chut, commençons par le tout début... Avec sa fondation.

Des moines de l’abbaye d'Aulps (Haute-Savoie) fondent un monastère à Cessens, sous le nom d'Hautecombe, « la haute vallée »... la bien nommée ! Mais c'est que saint Bernard, leur rendant visite, trouve leur mode de vie très peu conforme à la règle cistercienne : le lieu était trop fréquenté, peu enclin à la méditation : il leur demande de déménager en face, de l'autre côté du lac, dans un endroit appelé Charaga.

Et voilà notre monastère devenu dès 1162, le lieu de sépulture des princes et des comtes de la maison de Savoie. Mais pas que ! De cette abbaye prestigieuse, deux papes en sortent (Célestin IV et Nicolas III), mais aussi une foultitude de cardinaux et de prélats.

La renaissance


Sécularisée en 1792 lorsque la France annexe la Savoie, puis vendue comme bien national, Hautecombe entre dans une ère plus tourmentée : on transforme son église abbatiale, en 1800... en manufacture de faïence ! Le chœur a particulièrement souffert, mais comme les tombeaux des princes se situent dans la nef, ouf ! Pas de problème ! Ils sont restés intact... On ne peut pas en dire autant des autres bâtiments...

En 1824 pourtant, le roi de Sardaigne Charles-Félix rachète toutes les terres de l'abbaye et confie la restauration à son architecte piémontais, Ernest Melano. L'église de style gothique reprend forme, couverte de statues et de peintures dues aux frères Vacca et au milanais Cacciatori. L’Autrichien Hothgassner s'occupe des vitraux, les frères Agati des orgues.

On rend l'église au culte en 1826 mais les travaux se termineront une vingtaine d'années (et 3 millions de francs, aux frais de Charles-Félix) plus tard... Des moines occupent aujourd'hui de nouveau l'abbaye.


Et encore !