Notre-Dame-de-la-Nativité de Vence : taurobole et saints en pagaille

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Le taurobole - ©D. Chauvin / CC-BY-SA Le taurobole - ©D. Chauvin / CC-BY-SA
Cathédrale Notre-Dame-de-la-Nativité de Vence Cathédrale

Vintium, les Romains et le taurobole

Vence, c'est l'ancienne ville romaine fondée par les celtes Ligures, Vintium. Savez-vous qu'on retrouve un peu de cette Vintium dans la cathédrale ?

Oui, il faut dire qu'elle a été construite à l'emplacement d'un temple païen dédié à Mars et à Cybèle. Et même si on trouve de tous les styles dans la cathédrale (roman, gothique, baroque), les traces romaines sont uniques et encore bien visibles. Venez !

On va aller voir du côté d'un des murs extérieurs de la cathédrale. Là, on a des stèles funéraires romaines encastrées dans la pierre mais aussi une sculpture représentant un taurobole. Un taurobole... qu'est-ce que c'est ?!

Un sacrifice antique d'un taureau correspondant au culte de Cybèle. L'inscription mentionne d'ailleurs : « Valeria Mariana, Valeria Carmosina et Cassius Paternus, magistrat et prêtre, ont célébré à leurs frais le taurobole en l'honneur de la déesse Maia ». Et si vous voulez savoir comment se déroulait la chose, voilà : le fidèle entrait dans une fosse assez profonde.

Puis, par une planche percée de trous, il recevait le sang d'un taureau qui venait tacher ses vêtements. Il ressortait de là les vêtements rouges de sang mais purifié. Un peu l'équivalent du baptême chrétien, mais à la sauce païenne...

Saint Véran

Allez, maintenant on remonte un peu le temps... jusqu'au Ve s ! Date de réalisation du sarcophage présumé de saint Véran. A ne pas confondre avec le saint Véran de Cavaillon, qui a débarrassé Fontaine-de-Vaucluse du drac, vilaine bestiole qui hantait les eaux de la Sorgue...

Non, on dit que ce Véran a été évêque de Vence entre 446 à 492... Son tombeau du Ve s se compose d'une scène étrange : un homme et une femme au centre. Aux angles, un triton qui joue du cor. Un esprit se tient près de l'entrée d'une grotte ; au-dessus, un oiseau picore des grappes de raisin...

Saint Lambert

Si on remonte encore les siècles, on arrive au XIIe s. Et au XIIe s a vécu saint Lambert : ça tombe bien, voilà son tombeau ! Saint Lambert, c'est un disciple de l'abbaye de Lérins qui dirigea le diocèse de Vence entre 1114 et 1154.

Une épitaphe gravée dans la pierre dit :

DISCAT Q NESCT Q EPS HIC REQESCIT DOTVS LAMBERTVS MVLTA BONTATE REFERTVS QQVE QVATERDENS HVIC SEDI I REFVIT AKNIS NON HVNCERENIT RES BLANDA NEC PIETATIS PARCAT PECCATIS ILLIVS FONS PIETATIS ET LVCESCAT ET LVX PPETVAE REQVIEI.

Ce qui en résumé veut dire : « Dans cette sépulture repose l'évêque Lambert, saint d'une grande bonté, qui pendant 40 ans occupa ce poste, égal dans le bonheur comme dans l'adversité ». L'ensemble de ses reliques sont parties en 1634 dans sa ville natale du Var à Bauduen. Ce qui reste a été mis dans le buste reliquaire réalisé au XIXe s qu'on voit encore dans la cathédrale.

Les stalles

Alors ce petit voyage dans le temps ? Intéressant, non ? On voit bien maintenant la longue histoire de la cathédrale. Pour finir en beauté, direction le chœur avec ses stalles sculptées par le Grassois Jacques (ou Jacotin) Bellot au milieu du XVe s. On en compte 51.

Le Guide de la Provence mystérieuse (éd Tchou) indique ce qu'elles représentent, des figures typiques du siècle du règne de Louis XI : chauves-souris, canards, serpents, chien qui tire la langue, une fée Mélusine, une femme et son petit singe, un homme avec sa tête entre ses cuisses... Très peu religieux mais savoureux !


Et encore !