Nicolas Flamel, le petit bourgeois entré dans la légende

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Nicolas Flamel - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain Nicolas Flamel - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain
Maison de Nicolas Flamel Maison Nicolas Flamel Mystère

Nico l'écrivain public

Nicolas Flamel ? Une légende parisienne... bah si, les rumeurs le disent alchimiste ! L’alchimie, une pratique mystérieuse à la fois philosophique et mystique, visant à transformer des métaux « vils » comme le plomb, en métaux nobles... comme l’or ! Un autre de ses buts est la recherche de l’immortalité. Et pourtant...

Nico, c'est tout le portrait du petit bourgeois menant sa vie pépèrement du monde. Bon mari, bon chrétien, il fait de la charité, en plus, donne aux pauvres et construit hospices et églises. Il naît pauvre à Pontoise vers 1330. Son job ? Ecrivain public : en ce temps-là, pas d’imprimeurs ! Les écrivains publics recopiaient pour les gens riches.

Sans eux, pas de bouquins : un business super lucratif. Nico, c’est le meilleur : il ouvre même sa propre boîte, à l’enseigne de La Fleur de Lys, dans le quartier de Saint-Jacques de la Boucherie. Il épouse une de ses clientes, dit le Guide de Paris mystérieux (éd Tchou) : Pernelle.

Un ange, en rêve...

Mais la légende prend le pas. Histoire curieuse et pittoresque des sorciers (M. Fornari, 1846) raconte comment Nico fait un rêve étrange une nuit... Un ange lui montre un bouquin écrit en une langue étrange et lui dit : « Tu ne comprends rien à ce livre ? Attends. Un jour, tu le déchiffreras, et à toi la richesse ! »

Quelque temps après, un homme vient le voir à son échoppe et lui propose un vieux bouquin : nomdidiou ! Celui de son rêve. Nicolas l’achète et lit le titre : Livre d’Abraham le Juif, prince, lévite, astrologue et philosophe. Un livre... d’alchimie. Et voilà le Nico qui cherche jour et nuit à percer le mystère du bouquin. Qui s’arrache les cheveux sans rien comprendre.

La fièvre alchimique

Mais quelques années plus tard, le voilà riche : il a percé le secret de la transformation des métaux en or. Vous ne me croyez pas ?? C’est pourtant écrit dans le bouquin qu’on lui a attribué bien après sa mort, Le livre des figures hiéroglyphiques.

Ca se passe en 1382, « un lundi, à environ midi, en ma maison, présente Pernelle seule. » Donc, le voilà riche. Prêt à dépenser. Il achète des terrains, fait des dons aux églises, construit une chapelle à Saint-Jacques-de-la-Boucherie dans lequel on l’enterrera...

Allez, vous avez compris : en vrai, Nico est un petit bourgeois tout tranquille qui s’est enrichi par des spéculations immobilières. Que nenni de l'alchimie ! Mais vachement moins glamour, comme histoire, c'est vrai... Car à l’époque, dès qu’un gus devenait riche, c’était forcément louche : il y avait forcément de l'alchimie dans l'air !


Et encore !