Mystères et légendes

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Mélusine - ©Internet Archive Book Images / Public domain Mélusine - ©Internet Archive Book Images / Public domain

Pour une visite insolite : notre sélection d'endroits étranges, de personnages mystérieux et autres légendes tout droits sortis de notre beau pays de France !

SOMMAIRE
1 - La fée Mélusine
2 - Le gibet de Montfaucon
3 - La vouivre
4 - Le diable Vauvert
5 - L'immortel comte de Saint-Germain
6 - Cagliostro
7 - La fée de Carrouges
8 - Légendes autour de la cathédrale de Strasbourg


La fée Mélusine

Une femme légendaire !

Tantôt femme magnifique, tantôt serpent ailé, Mélusine reste chez nous le génie de la famille de Lusignan, dans le Poitou ! Elle est même leur protectrice, et surtout leur aïeule. Mais d'où vient son nom ? Mélusine serait l’anagramme du vieux nom de Lusignan, Leusinem, ou encore la « mère Lusigne », mère des Lusignan, ou un nom celte dérivé de me et lusem, « moitié serpent »...

Ce dont on reste sûr, c'est qu'un roman a fait perdurer cette tradition tout au long du Moyen-Age : celui écrit en 1387 par Jean d'Arras, secrétaire du duc de Berry, à la demande de Charles V pour sa sœur la duchesse de Bar. On l'imprime pour la première fois en 1487.

Voilà ce qu'il raconte : Mélusine, fille du roi Thiaus et de la fée Pressine, voulut avec ses 2 sœurs détrôner leur père ; pour cela, elles l'enfermèrent dans une grotte dans la montagne. Leur mère, un peu magicienne, condamna Mélusine à être à moitié changée, tous les samedis, en serpent... Et voilà !

Le secret du serpent

Passa alors plusieurs années. Mélusine rencontra dans une forêt le beau Raymondin, fils du roi des Bretons. Ils tombèrent amoureux et se marièrent vite, à condition que Raymondin ne vit jamais sa femme le samedi de chaque semaine. Marché conclus... Une fois mariée, on dit qu'elle construisit le château de Lusignan.

Mais on parla un jour à Raymondin des prétendues infidélités de sa femme : oui ! Etrange que la belle s'enferme dans sa chambre tous les samedis... La curiosité poussa un jour le mari à regarder par le trou de serrure... Ce qu'il vit le stupéfia : mi femme mi serpent elle était... Trahie, Mélusine s'envola par la fenêtre du château de Merment. La trace de son pied resta sur le rebord de la fenêtre...

A noter qu'on trouve cette légende aux châteaux de Sassenage (38) et de Gratot (50).

Tache velue et longues oreilles

Avant son départ tragique, Mélusine eut 8 enfants, tous portant une difformité : Urian, roi de Chypre, avec un visage plus large que long, des yeux vairon et de longues oreilles.

Odon, roi d'Arménie, Guion, duc de Luxembourg, un œil plus haut que l'autre. Antoine, roi de Bohème, une griffe de lion sur la joue. Renaud, roi de Bretagne, un seul œil. Geoffroy, seigneur de Lusignan, une dent très longue qui lui sortait de la bouche. Froimond, comte de Parthenay, une tache velue sur le nez. Le 8e, religieux, avait 3 yeux.

Une puissante lignée

Difformes ou pas, les Lusignan forment une puissante famille ! A la base de leur lignée, on trouve donc Raymondin, comte de Forez, et sa femme Mélusine. Au Xe s, on trouve Hugues Ier : son fils Hugues II fait construire le château de Lusignan. Les Lusignan prendront part aux Croisades en Orient. Ces seigneurs ont donné des rois de Jérusalem et de Chypre, des comtes de La Marche, d'Angoulême, des comtes de Pembroke en Angleterre...

Leur fief se trouve à Lusignan, petite commune de la Vienne (86). Il ne reste plus aujourd'hui que d'infimes vestiges de leur vaste forteresse...Pourtant, il faut imaginer un formidable colosse fortifié, dont Brantôme dira :

« Ce château si admirable et si ancien, qu'on pouvait dire que c'était la plus belle marque de forteresse antique et la plus noble décoration vieille de toute la France. »

Entouré d'une triple enceinte avec un profond fossé en eau qui séparait la première muraille de la deuxième, le château comptait de nombreuses tours crénelées. Au milieu se trouvait le donjon, tour carrée construite sur une butte artificielle avec des tourelles aux angles. Devant le donjon, la cour d'honneur avec de l'autre côté la tour Mélusine...Mais le duc de Montpensier l'assiège en 1575 et le détruit... C'en est fini de la fière forteresse ! Brantôme dira encore du château :

« Construit d'une dame des plus nobles en lignée, en vertu, en esprit, en magnificence et en tout, qui fut de son temps ; voire d'autre, qui était Mélusine, de laquelle il y a tant de fables ; et bien que ce soient fables, si ne peut-on dire autrement que tout beau et bon d'elle : et si l'on veut venir à la vraie vérité, c'était un vrai soleil de son temps, de laquelle sont descendus ces braves seigneurs, princes, rois et capitaines portant le nom de Lusignan, dont les histoires en sont pleines. »

La légende en marche

Mais au fait, on peut partir sur les traces de Mélusine, sur son fief, en Poitou ! Parce que la dame y a parait-il construit plusieurs châteaux : Pouzauges, Tiffauges, Mervent, Vouvant (tous 4 en Vendée)...

De minuit au petit matin, Mélusine apportait les matériaux pour la construction de ces forteresses. Les habitants de Pouzauges s'étonnaient de trouver les murs tous les jours un peu plus haut ! Et puis, il n'y avait pas d'ouvriers... Bizarre ! Un soir, l'un des habitants se cache dans un buisson pour tenter de démêler le mystère ; à minuit, Mélusine vient tranquillement et se met à cimenter les pierres.

Mais elle aperçoit l'intrus, et furieuse d'avoir été découverte, elle disparaît avec un cri : « Pouzauges, Tiffauges, Mervent et Vouvant, iront chaque an, le jure, d'une pierre en périssant ! » Et effectivement, depuis les pierres s'effritent...Elle construit cependant le château de Lusignan en une nuit et les tours de Vouvant en une semaine ! Brantôme dit :

« Les uns disaient qu'ils la voyaient se promener toute vêtue avec une très grande majesté ; les autres qu'elle paraissait sur le haut de la grosse tour en femme très belle et en serpent ; les autres disaient que quand il devait arriver quelque grand désastre au royaume, ou changement de règne ou mort de ses parents, que 3 jours avant on l'entendait crier d'un cri très aigu et effroyable par trois fois... »

Une légende qui a donné naissance à l'expression « pousser des cris de Mélusine » et peut-être à la légende des dames blanches dans toute l'Europe ! Décidément, Mélusine est partout... Et si vous voulez approfondir le sujet, la commune de Lusignan présente une exposition permanente, au centre André Léo, sur les seigneurs de Lusignan et Mélusine. Maquette du château, histoire de la ville, diaporama... Une boutique propose livres, et cartes postales.


Le gibet de Montfaucon

Le mont de Falco

Le terrible gibet de Montfaucon... si un jour vous passez par le 10e arrondissement de Paris, arrêtez-vous au 53 rue de Grange-aux-Belles. Poétique, comme nom de rue, pas vrai ? Et bien, méfiez-vous... vous voilà précisément sur l'emplacement de l'ancien gibet ! Il en a fait trembler, des générations, celui-là.La plus ancienne mention de Montfaucon date de 1233, dans un acte de vente.

Le nom du gibet vient d'un certain seigneur Falco, ou Faucon, le propriétaire des terres. Cependant, on ne sait pas bien qui est à l'origine de son installation : Pierre de La Brosse, favori de Philippe le Hardi, ou bien est-ce Enguerrand de Marigny qui en fait la demande ? En tout cas, on élève le gibet, sur une butte bien élevée pour qu'on le voit de loin et que cela serve d'exemple ! Le gibet se présente sous la forme d'une plate-forme rectangulaire, sorte de masse de pierre de 14 m de long sur 10 de large, par lequel on accédait par une rampe de pierre et par une porte en fer.

A l'intérieur, on comptait 16 piliers en pierre de taille, unis entre eux par des grosses poutres de bois supportant des chaînes de fer pour y pendre les gens. Devant, bien évidemment se trouvait une énorme croix. Le gibet portait aussi le nom de fourches patibulaires, sorte de marques de haute justice : en fonction de la qualité des seigneurs auxquels ces fourches appartenaient, le nombre de piliers différaient : 8 pour les ducs, 4 pour les barons, 2 pour les gentilshommes...

Les exécutions

La 1re exécution marquant l'histoire de Montfaucon, c'est celle de Pierre de La Brosse en 1278, favori de Philippe le Hardi, accusé d'avoir empoisonné le fils du roi et d’Isabelle d'Aragon, Louis de France. Suivront :

→ Enguerrand de Marigny. Après une brillante carrière sous le règne de Philippe le Bel, le principal personnage des Rois Maudits tombe en disgrâce à la mort du roi. Les finances du Royaume sont à sec, il faut un responsable ! On demande des comptes à Marigny ; sans avoir eu le temps de répondre de quoique se soit (41 chefs d'accusation pèsent conte lui !), on le condamne au gibet en 1315.

→ Gérard de La Guette, financier de Philippe Le Long, accusé d'avoir détourné les finances du Trésor.

→ Jourdain de l'Isle, seigneur gascon, accusé de près de 48 crimes, « traîné à la queue d'un cheval » et pendu au gibet en 1323...

→ Pierre de Rémy, seigneur de Montigny, trésorier qui succède à de La Guette... et pendu pour les même raisons !

→ Hugues de Cuisy, prévôt de Paris, pendu en 1336 pour malversation.→ Jacques Legris, accusé de viol par la femme du seigneur Jean de Carrouges. Marguerite de Thibouville accuse vivement l'homme (ami de son mari qui plus est) de s'être introduit une nuit en douce dans sa chambre pendant que son mari guerroyait à l'étranger, afin d'abuser d'elle.

La justice ne pouvant pas démêler le vrai du faux, on décide d'un duel, qui déterminerait ou non la culpabilité de Legris. Le sieur de Carrouges pourfend l'accusé, réglant du même coup l'affaire : Legris est coupable ! On le pend à Montfaucon en 1386. Réglée, l'affaire ? Non ! Car quelques années plus tard, un homme amené au gibet confesse le viol... On dit que Marguerite s'enferma au couvent pour le reste de ses jours...

→ Le surintendant Jacques de Beaune, baron de Semblançay, surintendant des Finances de François Ier, accusé de malversations financières et pendu en 1527.

→ L'amiral de Coligny, qui trouve la mort lors de la nuit de la Saint-Barthélémy, apogée des guerres de Religion : son corps est exposé au gibet en 1572, pendu par les pieds.

Bien d'autres viennent grossir la liste, bien entendu... Vous l'aurez compris, Montfaucon devient un endroit horrible, où à certaines époques se balancent une soixantaine de corps ! Chiens et corbeaux rodent sans cesse autour et je ne vous parle pas de l'odeur... Les corps exposés à Montfaucon sont toujours habillés ; ceux qu'on avait décapité sur une des places de Paris étaient pendus aux fourches, enfermés dans des sacs ou pendus aux aisselles...

Finalement, en 1762, on transporte le gibet derrière la Villette car le quartier de Montfaucon commence à se peupler. On ne s'en sert plus mais il fait office de vestige de la haute-justice. On le démolit finalement en 1790 ; le nom de Montfaucon reste un moment à la voirie située entre les buttes Chaumont. Les Parisiens y mettent leurs immondices longtemps après la Révolution...


La vouivre

Un serpent flamboyant

La terrible vouivre est verte, toute couverte d'écailles avec sur le front une escarboucle toute brillante qui lui sert à se guider dans les airs. Son nom vient de vipera, vipère, qui a donné en vieux français guivre. Cependant, le nom vouivre se rencontre surtout en Franche-Comté.

Allez, oui, on peut le dire, la vouivre vient de Franche-Comté ! Ici, elle peut prendre la forme d'une femme moitié serpent ou encore d'un serpent ailé dont le corps projette des flammes. On la dit longue de 80 cm, haute de 2 m. On prend d’ailleurs les étoiles filantes dans cette région de France pour des vouivres qui vont boire à la rivière en filant dans les airs...Parce que quand la vouivre a soif, elle apparaît sur les bords des étangs et des ruisseaux.

Paul Sébillot en parle très bien dans son Folklore de la France ; ce grand écrivain spécialiste des traditions et légendes rapporte que la vouivre préfère vivre dans les grottes, mais qu'elle aime aussi beaucoup les sources. Certains ont vu l'une d'elles hanter une source de Longchaumois (39), une autre roder autour du château d'Orgelet (39) : celle-ci traverse soudain les airs, avec son escarboucle rouge toute incandescente, pour aller se désaltérer à une fontaine.

La vouivre de Rosay

Il faut savoir une chose sur la vouivre : lorsqu'elle a soif, elle dépose son diamant au bord de l'eau, par peur de le perdre. On raconte que des petits malins ont tenté de dérober le gros bijou ! Certains y sont arrivé, mais là, attention à la vengeance de la vouivre... Mais, vous allez me dire que parmi toutes les légendes présentées ici, celle de la vouivre paraît la moins crédible. Oh, mais deux secondes ! C'est que vous n'êtes jamais aller faire un tour du côté du château de Rosay (39)...

La plus connue des vouivres y vit ! L'écrivain Charles Nodier (natif de Besançon) a longtemps parlé de la tour de ce château, qui a longtemps été « l'habitation d'une Vouivre qui défend un trésor. » C'était en 1825. Beaucoup de paysans de la région disent l'avoir vu rôder.

On dit le trésor caché dans un trou sous le donjon, qui contiendrait le trésor du comte de Romanet, fuyant la Révolution avec sa famille... Un stratagème pour tenter d'effrayer les gens qui s’approcheraient trop près de son trésor ? Peut-être... En tout cas, le nom de « tour de la Vouivre » est resté depuis au donjon !


Le diable Vauvert

Un ramdam diabolique !

Aller au diable Vauvert, une vieille expression dont on ne connaît pas forcément l'origine... Vauvert désigne un endroit très éloigné de Paris : en gros ça veut donc dire qu'on envoie promener quelqu'un... le plus loin possible ! Mais Vauvert reste surtout l'exemple le plus parfait du château hanté par excellence... Et oui ! Le diable habitait le château de Vauvert (vallis viridis, val vert).

Un bâtiment qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui, pour vous donner une petite idée, se trouvait vers le jardin du Luxembourg. Le château a été construit par le roi Robert II dit le Pieux (fils d'Hugues Capet) au XIe s, dans un bel endroit tout vert dominant Paris.Peu à peu abandonné par ses successeurs, le château fait peur : les Parisiens murmurent que le diable s'est installé là. Il faut dire qu'on y entend un vacarme assez effrayant !

Des cris, des lueurs multicolores aux fenêtres, un fantôme verdâtre avec une barbe blanche et une queue de serpent, armé d'une massue, apparaissaient toutes les nuits vers minuit ! Les plus cartésiens diront qu'en fait, Vauvert n'est qu'un vulgaire repaire de brigands, qui faisaient courir le bruit que l'endroit était hanté pour qu'on ne s'y approche, afin qu'ils puissent se livrer à toutes sortes de pratiques douteuses... peut-être ! En tout cas, notre château a vraiment une très mauvaise réputation ! Finalement, voilà qu'interviennent des moines.

Intervention divine

Oui ! Des Chartreux que saint Louis venait d'installer à Gentilly, mais qui ne se plaisaient pas vraiment là où ils se trouvaient... Aah, comme ils seraient mieux à Paris ! A Vauvert, par exemple... Les moines ajoutent au roi qu'en leur donnant ce château, ils en chasseraient les fantômes ! Et effectivement, ils s'y installent en 1258 et tout rentre dans l'ordre ! Et voilà nos moines qui construisent une église, des bâtiments conventuels, un moulin, un pressoir, le tout sur plus de 15 arpents !

L'église construite entre 1260 et 1324 par Pierre de Montreuil, dédiée à Saint-Jean-Baptiste et à Notre-Dame, est un petit bijou : dans le cloître, on trouve des fresques du XIIIe s et une vingtaine de tableaux de Lesueur du milieu du XVIIe s sur la vie de saint Bruno (aujourd'hui au Louvre). Les moines logent dans de petites maisons avec jardin autour du cloître. Mais on supprime le monastère en 1790. 4 ans plus tard, on y établit une manufacture d'armes et... le monastère disparaît totalement avec la construction du palais du Luxembourg.

Ensuite, on étend le jardin du Luxembourg, on ouvre les avenues du Luxembourg et de l'Observatoire... Mais les magnifiques jardins et les serres du monastère ont été inclus dans le jardin qu'on peut encore voir aujourd'hui ! Une ancienne rue, la rue d'Enfer, entre Denfert-Rochereau et le Luxembourg, tenait peut-être son nom de notre château et de ses apparitions paranormales... apparitions, en fait peut-être pas, mais l'endroit rengorgeait de bandits, je vous l'ai dit, qui se cachaient dans des carrières voisines !


L'immortel comte de Saint-Germain

Multiples identités !

Un bien étrange personnage, ce comte de Saint-Germain ! Haut en couleur, affabulateur, beau parleur, séducteur, il a marqué les salons mondains du XVIIIe s. Le plus bizarre, c'est qu'on ne connaît rien de lui... Si, on sait qu'il commence par parcourir l'Europe sous des noms d'emprunt : marquis de Montferrat, puis comte de Bellamare à Venise, chevalier Schoening à Pise, chevalier Welldone à Milan, comte Soltikov à Gênes, puis finalement Denis, comte de Saint-Germain en France, nom qu'il gardera jusqu'à sa mort.

Il arrive donc à Paris en 1750. On entend très vite parler de lui, à cause de son luxe inouï, son train de vie fastueux et le fait qu'il fabrique des diamants et possède peut-être la recette de la pierre philosophale... plus un puissant élixir qui l'a rendu immortel. Les Mémoires de Mme Hausset disent :

« Ce Saint-Germain était d'un luxe étonnant : il venait à la cour avec des boucles de souliers et des jarretières de diamants fins, si belles qu'on ne croyait pas que le roi en eût de si belles. Il avait aussi une tabatière d'un prix infini et des boutons de manche qui étaient étincelants. Louis XV ne permettait pas qu'on en parlât avec mépris ou raillerie. D'où venait-il ? On le dit bâtard d'un roi du Portugal. »

Effectivement, on ne connaît pas son origine exacte, mais il parle très bien plusieurs langues, l’italien, l'allemand, l'anglais, l'espagnol, le portugais. Le monsieur prétend avoir vécu plusieurs siècles, rapportant des anecdotes avec beaucoup de détails : il a connu Cléopâtre, François Ier et Diane de Poitiers ! Il dit un jour :

« Ces imbéciles de Parisiens s'imaginent que j'ai 500 ans et je les confirme dans cette idée puisque je vois que cela leur fait tant plaisir. Ce n'est pas d'ailleurs que je ne sois point en réalité beaucoup plus âgé que je ne le parais... »

Un comte éternel ?

Le comte fait de la chimie, fabrique des sortes de fards, des cosmétiques et des fausses pierres précieuses. Il ne boit jamais d'alcool en mangeant et se purge avec des feuilles de séné. La recette de la longévité ? Peut-être... Le comte lui-même dit ne pas connaître son âge, peut-être 2 000 ans... Mais il peut transmettre le don de longue vie : il prend un jour son domestique à témoin à propos d'une histoire qu'il raconte et celui-ci lui répond : « Je n'en ai pas connaissance, monsieur le comte oublie qu'il n'y a que 500 ans que j'ai l'honneur de vous servir. »

Si vous passez devant le numéro 101 de la rue de Richelieu, juste à côté du passage des Princes, levez les yeux, et vous verrez l'immeuble où notre a comte a vécu dans les années 1760 ! Le Guide Mystérieux de Paris nous apprend qu'il a envoyé une lettre en 1758 au frère de madame de Pompadour, le marquis de Marigny, directeur des bâtiments du Roi.

La lettre, troublante, parle d'une découverte extraordinaire que le comte aurait faite sur ses terres... Il vient « volontairement en offrir le profit au Roy... » Alchimie ? Trésor merveilleux ? Avec Saint-Germain, on ne sait jamais ! Troublée, la marquise en parle à Louis XV. Et voilà le comte s'infiltrer chez le roi à Versailles et dans tous les salons à la mode. Il sous-loue donc l'hôtel du chevalier Lambert au 101 de la rue de Richelieu.

La coqueluche de ces dames

Le roi, avec qui il parle longuement, l'aime beaucoup. Il finit par lui donner un appartement au château de Chambord, et l'invite souvent à Versailles. Madame de Pompadour n'est pas en reste : les Mémoires de Mme Hausset rapportent les discussions du comte et de la dame. Elle lui pose des questions sur tel ou tel roi, et dit « Il semble que vous ayez vu tout cela ». Il répond :

« J'ai beaucoup de mémoire et j'ai beaucoup lu l'histoire de France. Quelquefois je m'amuse non pas à croire mais à laisser croire que j'ai vécu dans les plus anciens temps. »

Elle s'exclame ensuite que la comtesse de Gergy l'a connu il y a 50 ans, tel qu'il est maintenant. Il sourit, prétextant que cette dame doit radoter un peu trop ! Pompadour ajoute qu'il lui a donné un élixir et qu'elle a longtemps prétendu n'avoir que 24 ans. Pourquoi ne pas le donner aussi au roi ? « Madame, répond-il, outré, que je m'avise de donner au roi une drogue inconnue ? Il faudrait que je fusse fou ! »

Un mystère vivant

Mais d'où vient-il, ce fichu comte ? On l'a dit fils d'un marquis portugais du nom de Betmar, ou alors un espagnol du nom d'Aymar ou encore un juif d'Alsace du nom de Wolff. Le baron de Gleichen rapporte dans ses Mémoires que saint-Germain a porté le nom de marquis de Montferrat. Or le baron de Stoch lui a dit avoir connu à Paris, vers 1720, un marquis de Montferrat qui se faisait passer pour le fils naturel de la veuve de Charles II d'Espagne et d'un banquier de Madrid. Le comte lui-même disait avoir vu le jour en Espagne, d'une princesse d'Espagne (Marie de Neubourg) réfugiée à Bayonne et d'un banquier juif portugais.

On connaissait ce secret à Versailles, le roi surtout, sinon jamais personne ne l'aurait accepté à la Cour de Versailles.Un secret qui expliquerait sa grande fortune... Mais qui n'explique pas qu'on ne sache pas à quelle date il est né ! Rameau disait l'avoir connu en 1710 et qu'il paraissait 50 ans. C'est l'âge qu'il paraissait avoir aussi en 1759. Un Danois qui l'avait connu en Hollande en 1735 le revoit 30 ans plus tard et assure qu'il n'avait pas changé d'un poil !

Peu avant sa mort, il avait le même aspect.Voltaire écrit sur son séjour à Paris entre 1750 et 1760. Il dit : « C'est un homme qui ne meurt point et qui sait tout. » Frédéric II qualifie le comte de « conte pour rire ». Grimm dit : « Il avait cette éloquence naturelle qui est la plus propre à séduire. Il avait le talent de rappeler dans la conversation les événements les plus importants de l'histoire ancienne et de les raconter comme on raconte l'anecdote du jour, avec les mêmes détails, le même degré d’intérêt et de vivacité. »

Copié, jamais égalé !

Effectivement, il fait fureur à la cour où il divertit tout le monde avec ses conversations : mieux, les dames commencent à imiter son hygiène de vie ! Une anecdote, là dessus : monsieur de Choiseul (qui ne l'aimait pas) remarque lors d'un dîner avec le comte que sa femme ne boit pas. Elle répond que c'est pour faire comme Saint-Germain.

Choiseul lui dit alors : « Pour ce qui est du comte, à qui j'ai reconnu un goût tout particulier pour les aventures, il est le maître de choisir son régime. Mais vous madame, dont la santé m'est précieuse, je vous défends de suivre les folies d'un homme aussi équivoque. » Et puis, on voit apparaître un faux Saint-Germain : il s'appelle Gauve. Aussi connu sous le nom de milord Gower, les gens de la cour se servent de lui pour jouer des personnages dans les salons mondains.

On lui fait jouer le rôle du comte. C'est ce Gauve qui dit avoir connu Jésus et lui avait prédit qu'il finirait mal ! Le comte, le vrai, fuit en Angleterre : il s'est attiré les foudres de Choiseul en trempant dans une intrigue tramée à l'insu du ministre des affaires étrangères par le maréchal de Belle-Isle, ministre de la Guerre. Il y reste deux ans. Après, il s'installe à Saint-Pétersbourg en 1760 sous le nom de comte Soltikov. Après l'Allemagne et la Prusse, il vit à Berlin sous le nom de comte Tzarogy. Saint-Germain mourra en 1780 à Eckerntoendt...


Cagliostro

Balsamo, drôle d'oiseau

Voilà, maintenant, je vous présente Joseph Balsamo, dit Alexandre, comte de Cagliostro. Né le 8 juin 1743 à Palerme, mort à Rome en 1795, il se fait appeler Tischio, Melina, Bemonte, Pellegrini, Harat puis Cagliostro. Ah ! Mais, un disciple du comte de Saint-Germain, dites donc ! Oui, presque... son successeur, alors ! Un drôle d'oiseau, ce Cagliostro...

Médium, alchimiste, il parle avec les morts et fabrique un élixir de vie éternelle... des talents qui le font devenir la coqueluche du tout Paris ! Mais d'où vient ce Cagliostro ? Et bien, il commence par soigner les pauvres en tant que frère de la Miséricorde, en Italie, puis devient vite médecin. Mais après quelques frasques, il se fait chasser de sa communauté : tant pis ! Le monsieur devient aventurier !

Roi de l’esbroufe ?

Goethe nous apprend qu'il « était très habile à imiter les écritures. » Effectivement, Balsamo ne tarde pas à se retrouver en prison pour falsification de documents. Peu après, il épouse la fille d'un passementier, Lorenza Feliciani. Commence alors un périple qui le mène à Naples, sous le nom de marquis de Pellegrini, puis dans tout l'Europe : il arrive à Strasbourg en 1780. 5 ans plus tard, il est à Paris ! On le voit dans tous les salons à la mode, chez le cardinal de Rohan, entre autre. Louis XVI et le peuple l'adore ! Quelqu'un à l'époque dit :

« Il possède toutes les sciences humaines, il est expert dans la transmutation des métaux et principalement du métal en or ; c'est un bienfaisant, qui traite les pauvres pour rien, vend pour quelque chose l'immortalité aux riches. »

Voilà le portrait qu'on donne de lui :

« Il était de taille médiocre, assez gros, le teint olive, le visage rond orné de deux gros yeux et d'un nez retroussé. Il avait tout l'extérieur et l'attirail d'un charlatan et faisait sensation, surtout sur les dames. Sa coiffure était nouvelle en France, il avait les cheveux partagés en deux cadenettes qui venaient se réunir derrière la tête et se retroussaient dans la forme de ce qu'on appelait alors un catogan […] L'un des prestiges de Cagliostro était de faire connaître à Paris un événement qui venait de se passer à l'instant même à Vienne ou à Londres ou bien ce qui se passerait dans 6 jours, 6 mois, 20 ans. »

Ah, très fort, et si en plus, il impressionne ces dames...Pour ces séances de « divinations », Joseph (devenu depuis Cagliostro) a besoin d'un appareil, un globe de verre rempli d'eau posé sur une table. Et les esprits apparaissent et délivre des messages prémonitoires... C'est ce qu'on savait s'amuser, à l'époque !

Un bien étrange magicien

Comme Saint-Germain, il prétend avoir vécu plusieurs siècles. On assure qu'il avait prédit la prise et la démolition de la Bastille ! Mais Cagliostro se retrouve compromis dans l'affaire du collier avec le cardinal de Rohan et madame de La Motte. Notre bonhomme se retrouve enfermé à la Bastille avec sa femme. Finalement acquitté, il s'enfuit à Rome en 1789, avant qu'on l'arrête pour franc-maçonnerie.

Et oui ! Cagliostro avait inventé un nouveau système maçonnique, la « franc-maçonnerie égyptienne ». Il aurait trouvé les fondements dans un livre d'un certain George Copston... La fin ? Notre comte termine ses jours dans le château-prison de Saint-Léon près de Rome...

Vous voulez vous aussi suivre les traces de ce célèbre et mystérieux aventurier ? Rendez-vous au numéro 1 de la rue Saint-Claude, à Paris : le comte a vécu là, dans ce qu'on appelle l'hôtel de Bouthillier !Il s'y installe à son arrivée dans la capitale, en 1785. Il y aménage son laboratoire (où il fabrique son élixir d'immortalité et ressuscite les morts).

Immortalisé

Et puis, Alexandre Dumas l'a immortalisé dans son roman Le Collier de la Reine. Le roman débute par un dîner chez le cardinal de Rohan, à qui il raconte qu'il a rencontré Cléopâtre et que le diamant qu'il porte au petit doigt, c'est elle qui le lui a donné. Il verse à l'un des convives un peu d'un élixir secret, qui le fait immédiatement rajeunir sous les yeux stupéfaits des autres invités !

Il prédit que La Pérouse, qui s'en va embarquer au milieu du repas, va disparaître dans les mers lointaines, que madame du Barry finira à l'échafaud tout comme le roi de France... Hé ! Pourtant, ici, pas de fiction ! Cagliostro a effectivement trempé dans la célébrissime affaire du collier de la reine Marie-Antoinette.


La fée de Carrouges

Une légende normande

La légende qui suit est bien ancienne ; elle a pour cadre le beau château de Carrouges, dans l'Orne. Le seigneur Ralph avait épousé une belle jeune femme. Des années durant, pourtant, aucun enfant ne leur venait. Puis un jour, enfin, la dame de Carrouges annonça qu'elle était enceinte. Fou de joie, le comte Ralph fait organiser une grande fête où se presse tout le pays. Tout se passe bien, les festivités, grandioses, durent jusqu'au soir.

Mais Ralph a disparu ! Introuvable, on le cherche partout. Et la nuit tombe. Ralph rentre au petit matin. Sa femme pousse des hauts cris ! C'est qu'on s'est inquiété. Ralph explique qu'on avait organisé une chasse au cerf, comme cela se fait dans n'importe quelle fête... mais qu'ayant suivi une piste pendant un moment, il s'est éloigné des autres et s'est complètement perdu. Ce n'est qu'au petit jour qu'il a pu retrouver son chemin. Vous parlez d'une mésaventure !

Oui, sauf que notre seigneur ne dit pas tout... Il ne dit pas comment, occupé à chercher son chemin, il tombe au clair de lune sur un petit bois... dans ce bosquet se trouve une belle jeune fille, la plus belle qu'il ai jamais vu, dansant autour d'une fontaine. Elle lui sourit. Ralph lui rend son sourire ; oubliant complètement femme et enfant, il se met à danser avec elle, complètement ensorcelé, autour de la fontaine, à danser, danser... puis ils se couchent dans l'herbe... Voilà ce qu'il s'est vraiment passé.

... qui se transforme en drame

Sauf que depuis cette nuit, Ralph ne vit plus que pour revoir la si douce jeune fille. Tous les soirs, il attend que sa moitié s'endorme pour filer en douce vers le bosquet où toujours, la belle l'attend pour une folle danse. Mais trop pressé, Ralph ne se rend pas compte que sa femme ne dort pas toujours lorsqu'il quitte le château !

Au bout d'une vingtaine de fois, elle finit par se lever et décide de suivre son mari... Là, elle trouve Ralph en plein rendez-vous galant ! Le lendemain soir, elle le devance d'une dizaine de minutes. La fée se trouve là, comme à son habitude, près de la fontaine. La dame de Carrouges fond sur elle et la frappe d'un coup de poignard ! C'en est finit de la belle qui disparaît au fond de la fontaine...

La malédiction rousse

Vient le matin... On trouve Ralph, dans sa chambre... inanimé... un poignard planté dans le cœur. Lorsqu'on court prévenir la châtelaine, horreur ! On découvre avec stupeur que son front porte une tache de sang indélébile sur le front... Et lorsque que l'enfant arrive, on se rend compte que la même tache marque son front.

Le nom du petit ? Karl le Rouge. Le nom de notre château, Carrouges, ne vient pas de ce Karl, comme on aime à le dire ! Carrouges veut tout simplement dire « carrefour » en patois. En revanche, la légende dit que pendant 7 générations, les Carrouges mâles naîtront roux et affublés de cette tâche : fait troublant, les familles qui se sont succédées dans l'histoire du château se sont toutes éteintes sans descendants mâles...


Légendes sur la cathédrale de Strasbourg

Le lac souterrain

Il existe plusieurs légendes autour de la construction de la grande et belle cathédrale de Strasbourg. Voici quatre des plus marquantes. Connaissez-vous celle de son lac souterrain ? Et bien, la voilà : les fondations de la cathédrale commencent en 1015. Mais, un problème se pose très vite : en creusant, les ouvriers tombent sur un lac. Les évêques se réunissent, débattent des heures, des jours... doit-on vraiment aller construire ailleurs ?

Non, on ne peut pas, ce lieu est sacré... Bon ! La décision prise, le chantier reprend : 13 ans de travaux colossaux seront nécessaires pour planter tous les piliers qui constituent les fondations de la cathédrale.Mais voilà, quelques temps plus tard, on raconte qu'à la nuit tombée résonne le bruit de rames clapotant dans l'eau du lac... qui viendrait d'une barque ramant toute seule... Un bruit qui en effraie plus d'un ! Un groupe de Strasbourgeois plus braves que les autres décident d'en avoir le cœur net.

Puisqu'on dit que l'entrée du lac se trouve dans la cave d'une maison du centre-ville, et bien ! Ils s'équipent de lanternes et d'outils, puis partent en direction du trou. Vous savez quoi ? On ne tarde pas à les voir revenir, les cheveux blanchis par ce qu'il avait vu, là-dedans, dans ce gouffre d'où montent des cris abominables, inhumains, et parait-il, des têtes monstrueuses crachant du poison... On a depuis comblé de trou, mais le lac, lui, se trouve encore peut-être sous notre cathédrale...

Les trois rois

La 2e légende met en scène 3 rois. Des rois riches et puissants, hein, attention ! Riches mais généreux, car les seigneurs, ayant appris qu'on manquait d'argent pour finir la cathédrale de Strasbourg, se dépêchent d'aller porter leur fortune à l'évêque. Ils donnent tout, tout ! Jusqu'au moindre petit écu... et se retrouvent vite sans aucune ressource.

Des rois devenus pauvres pour la grandeur d'une cathédrale ! Dites donc, on n'a jamais vu ça... En attendant, les voilà qui se mettent à mendier, n'ayant ni chevaux ni vêtements pour rentrer chez eux ! Heureusement, leur réputation les a précédées : les gens se mettent à donner sans compter, en l'honneur de ces rois si généreux.

Mais nos 3 hommes ne gardent pas toutes ces richesses pour eux, non ! Ils retournent à pied jusqu'à Strasbourg apporter de nouveau de quoi achever la construction. Depuis, les statues équestres de ces 3 rois trônent sur la façade de la cathédrale ! On a dit depuis que ces statues seraient celles de Clovis, Dagobert et Rodolphe de Habsbourg.

Le bonhomme de la balustrade

La 3e légende raconte l'histoire de ce petit personnage qu'on trouve accoudé à la balustrade de la chapelle Saint-André, juste en face du célèbre pilier des Anges. Le génial architecte Erwin de Steinbach, qui travailla longtemps sur le chantier de la cathédrale, trouve un jour au milieu de ses ouvriers un homme occupé à détailler le fameux pilier. Erwin lui demande si tout va bien, ce à quoi l’inconnu répond que non !

Cette colonne quoique magnifique, ne supportera jamais le poids de la voûte... le pilier s'écroulera tôt ou tard, il le sait !Il ajoute ensuite qu'il ne sait pas quel architecte à la noix est allé imaginer une chose aussi idiote... Vexé, on dit qu'Erwin fait sculpter le portrait de cet homme, le représentant les yeux levés, avant de l'installer sur sa balustrade, juste en face du pilier !

Qu'il y reste, marmonne Erwin, toute l'éternité, s'il le veut ! Maintenant il a le temps de voir son pilier tomber... Effectivement, le petit monsieur, si malin, se trouve encore sur sa balustrade de pierre... et, à ce qu'on sache, le beau pilier des Anges tient encore debout !

L’horloge astronomique

La dernière légende traite de la si belle horloge astronomique de la cathédrale. Un chef-d'œuvre réalisé par un génie, sûrement grand mathématicien. Toutes les villes enviaient à Strasbourg son horloge ! La tradition voudrait qu'on creva les yeux à son artisan, de peur qu'il ne réalise une semblable ailleurs. Non ! En fait, le pauvre devient aveugle, petit à petit.

Au début, il peut encore réparer et améliorer son œuvre, avec minutie et amour.Mais au fil du temps, la cécité l'invalide complètement. La mort dans l'âme, il fait appel à des mathématiciens pour l'assister, leur dictant ce qu'il faut faire. Mais ce n'est plus pareil ! Lui seul savait comment faire marcher et réparer l'horloge...

Il se laisse mourir lentement, de tristesse, et en même temps, l'horloge commence à fonctionner au ralenti... Lorsque son constructeur rend son dernier soupir, l'horloge... s'arrête. Elle ne fonctionna plus jamais, jusqu'à ce qu'un dénommé Schwilgué, en 1810, ne la restaure.


Et encore !