Mutilé et défenestré : Coligny, la première victime du massacre de la Saint-Barthélemy

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La statue - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA La statue - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Oratoire du Louvre Statue Eglise paroissiale Homicide Gaspard de Coligny Guerre de Religion

La haine

22 août 1572. Juste après le mariage d’Henri de Navarre et de Margot à Notre-Dame... Coligny s'est fait tirer dessus, près de Saint-Germain-l’Auxerrois. L'amiral Gaspard de Coligny !

C'est LE grand manitou du parti protestant pendant les guerres de Religion : fidèle serviteur du roi, en bon catho... avant sa conversion au protestantisme, en 1558. Et fait pas bon d'être un Protestant, par ces temps qui courent... ces temps de guerres de Religion.

Les Catholiques ne peuvent plus sentir l'amiral : on décide de le tuer. Mais là, rien ne va plus, entre huguenots et cathos, tous réunis à Paris pour le mariage de la dernière chance. Celui de la reine Margot et du futur Henri IV, qui devait tous les réconcilier... mon œil, ouais.

La nuit de l'horreur

Salement blessé, on ramène Gaspard chez lui : son hôtel se trouve vers le 136 de la rue de Rivoli. Deux jours après, des seigneurs catholiques sont envoyés assassiner l’amiral chez lui. C’est la nuit. Une nuit sans lune. Hideuse, monstrueuse. A faire peur.

Et ça y est. La cloche de Saint-Germain-l’Auxerrois sonne le début du massacre de la Saint-Barthélémy. Les huguenots vont mourir... le premier ? Coligny. Il est chez lui, au fond de son lit. « N’es-tu pas l’amiral ? » dit l’un d’eux d’une voix rauque en le menaçant de sa lame.

L'amiral répond dans un souffle : « Jeune homme, respecte mes cheveux blancs et ma vieillesse... mais, bon, fais ce qu’on t’a commandé. » On achève Gaspard comme un chien, dans son lit. On lui donne des coups dans le visage avec l’épée qui le perce, dit Histoire de Paris de Dulaure.

Son corps encore en vie se fait défenestrer. Le duc de Guise, du parti catho, s’approche lentement du corps désarticulé : il essuie le sang de son visage défiguré par les coups, pour dire que oui, c’est bien l’amiral.

Ce n'est que le début

Trop de violences ? Ben c’est pas fini. Guise lui donne un coup de pied dans le visage, l’émascule (vu dans le vol. 1 de La vie de Messire Gaspard de Coligny, 1643) et lui fait couper la tête qu’il envoie au roi.

Ca y est. Vous pensiez que les bêtes sauvages s'étaient rassasiées de sang ? Oh non, pas encore. Car peu après on tue, tue, tue dans les couloirs sombres et puants du Louvre...

Du coup, au chevet de l’Oratoire, vous avez vu ? On a la statue de Coligny sculptée par Gustave Crauk, en 1889. Ca tombe bien, puisque l’Oratoire abrite le temple de l’église réformée depuis 1811.


Et encore !