Montrottier et la baronne de Rochette, une sacrée femme !

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Le château - ©Broenberr / CC-BY-SA Le château - ©Broenberr / CC-BY-SA
Château de Montrottier Château

La George Sand savoyarde

En 1839, s'en est fini : le château passe au baron de La Rochette. La baronne de Rochette devient veuve à 27 ans. C’est pas un âge, ça, pour perdre son mari ! C’est le baron qui avait racheté la ruine qu’était Montrottier en 1839, mais il avait eu le mauvais goût de mourir peu de temps après. Heureusement que la baronne était une sacrée bonne femme !

A la mort de son mari en 1845, elle se retrousse les manches et consacre toute sa fortune à la restauration du vieux château : l'architecte Delimoges va complètement le remanier, notamment les ailes Est et Ouest, dans le style Renaissance. Mais un chantier comme celui-là, ça coûte cher ! La baronne, ruinée par tous ces travaux, doit revendre Montrottier.

Une garçonne avant l’heure


La baronne met des pantalons, fume la pipe et le cigare, galope à travers la campagne « le couteau de chasse au flanc, des pistolets aux arçons. » Ca fait causer, en ville, mais bon... Louis Veuillot dans son bouquin Cà et là (tome II, au chapitre IX) raconte sa visite au château...

« Nous voici dans la baronnie de la baronne. Le château a des murs épais. Il a gardé toutes ses tourelles, et toutes les tourelles ont encore leurs vieilles girouettes de 3 ou 400 ans [...] Le petit salon était plein de choses ingénues du temps de Louis XV. Mais nous remarquâmes surtout une forte pipe et une grosse blague à tabac. De tels objets, dans le boudoir d’une baronne veuve, avaient de quoi attirer le regard.

- C’est la pipe du défunt baron ? – Non, répondit notre introducteur, c’est la pipe de la baronne. – Oh, oh ! – La baronne promit à son mari mourant de ne point remarier, le pleura, et se mit à jouir de sa liberté en folle qui est femme de bien. Elle avait toujours été un peu garçon, elle devint jeune homme.»

Sur quoi Veuillot ajoute en parlant de la dame :

« C’était une personne bien taillée, un peu maigre, halée par le soleil, très dame et très paysanne. Un langage brusque et doux, des allures hardies et des yeux innocents.»

On l’a dit, la baronne ne peut plus assumer Montrottier, qui passe finalement en 1906 à Léon Marès, qui y accumule toute une collection d'objets d'art... collection qu'il lègue avec le château en 1916 à l'académie Florimontane.


Et encore !