Montbéliard, splendeurs et misères des comtes de Wurtemberg !

Vinaigrette 0
Le château - ©Tatiana Decrocq / CC-BY-SA Le château - ©Tatiana Decrocq / CC-BY-SA
Château de Montbéliard Château

Pendant 4 siècles, entre 1407 et 1793, Montbéliard la franc-comtoise a été une principauté allemande, sous domination du Saint-Empire-Germanique.

Mömpelgard (son petit nom en allemand) devient la terre des comtes de Wurtemberg.

Un fantôme, une Mère Noël, un dépravé... découvrez quelques portraits choisis de ces comtes hauts en couleurs !

Une principauté allemande

Le château de Montbéliard devient le fief des comtes de Wurtemberg, en 1407.

Les Wurtemberg, une grande famille allemande, qui tient son nom d’un ancien Etat du sud-ouest de l’Allemagne… le coin de l'actuelle Stuttgart.

Tout commence en 1407, donc, par un mariage : celui de la comtesse Henriette de Montfaucon, l’héritière de Montbéliard, avec le comte de Wurtemberg Eberhard IV !

Ainsi, Montbéliard et son pays passe sous autorité teutonne, devenant principauté germanique. Jusqu’à l’annexion à la France en 1793...

A noter : la ville est dominée par le Saint-Empire Germanique, oui, mais elle conserve sa langue française et ses coutumes !

Portraits de quelques Wurtemberg

Beaucoup de Wurtemberg célèbres sont évoqués pendant la visite des collections du château.

Entre autre, Sophie-Dorothée de Wurtemberg, devenue impératrice de Russie sous le nom de Maria Feodorovna... la mère des tsars Alexandre Ier et Nicolas Ier !

Mais on a aussi bien d'autres zigotos...

Agnès, la dame blanche

Le château de Montbéliard serait hanté par une dame blanche, qui ne se montrait que quand un des membres de la famille des Wurtemberg mourrait.

On entendait ses hurlements lugubres résonner dans les couloirs... là, on savait que quelqu’un allait mourir !

C’est une légende allemande, à la base. La dame serait « une mère dénaturée », Agnès comtesse d’Orlamunde en Thuringe, qui avait tué ses deux enfants...

Henriette, la Mère Noël

Henriette de Montbéliard ? La toute première comtesse, de par son mariage avec un Wurtemberg !

Les gens l’adorent : normal, elle gouverne justement et sagement. A tel point qu’ils la surnomment la Bonne Comtesse !

Juste, sage, mais ferme. Elle fait un jour enfermer un prince de Hohenzollern qui lui a manqué de respect. Le bougre moisit dans les prisons du château de Montbéliard, jusqu’à sa mort !

Une vieille légende locale fait d'Henriette la bonne fée du pays de Montbéliard, la célèbre tante Arie. La nuit de Noël, flanquée de son petit âne gris souris, elle distribue fruits et biscuits aux enfants...

Louis-Frédéric, le chasseur d'ours

Le château de Montbéliard abrite une cour dite de l’Ours, du nom d’un petit ursidé sculpté dans la pierre.

L'histoire nous vient de Louis-Frédéric de Wurtemberg, né au château en 1586, comte de Montbéliard de 1617 à 1631. Un grand chasseur !

En 1622, il tue un ours et capture un ourson vivant, qu’il place dans une fosse, dans cette cour.

Essai d'une faune historique des mammifères sauvages de l'Alsace (Charles Gérard, 1871) explique qu’il envoie les deux pattes de devant à son frangin Jean-Frédéric, en lui demandant de les servir à table, quand il aurait « nombreuse et belle compagnie et de les manger au bruit des trompettes et des timbales. »

Henri, le fou

Henri de Wurtemberg devient fou en payant pour la révolte de son paternel contre le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Celui-ci se venge en capturant Henri, à Montbéliard.

Il l’amène sur les hauteurs de la ville, là ou se trouve l’actuel quartier de la citadelle. Il menace de le tuer, si on ne lui ouvre pas les portes de la cité. Le bourreau s’apprête à trancher le cou d’Henri quand à la dernière minute… un habitant l’en dissuade.

Henri passera le reste de ses jours en prison.

De toute façon, son simulacre de décapitation l’avait rendu com-plè-tement fou !

Ulrich, le violent

Voilà maintenant Ulrich de Wurtemberg.

Lui se rend coupable du meurtre d’un chevalier qu’il avait fait cocu en devenant l'amant de son épouse, en 1515.

Ulrich perd tout, suite à ça ! L’épouse d’Ulrich embarque meubles et enfants sous son bras, pour fuir ce mari violent.

Ensuite, l’Empereur le bannit, la noblesse le fuit comme la peste, on le dépouille de ses terres… isolé et affaibli, il fuit le Wurtemberg et gagne Montbéliard.

C'est lui qui, en 1534, introduit la Réforme dans la ville.

On dit qu'il fait venir le prédicateur Farel, qui prêchait sur la célèbre pierre à poissons, table encore visible place Denfert !

Léopold-Eberhard, le dépravé

Le meilleur pour la fin !

Je vous présente Léopold-Eberhard de Wurtemberg, qui naît, vit et meurt à Montbéliard.

Celui-là mène une sacrée vie de patachon !

• Il épouse secrètement sa maîtresse, Anne-Sabine Hedwiger. Une maîtresse fille de boulanger ! Rien de mal à ça, mais quand on est de la haute, ça fait tâche.

Il lui invente alors des origines nobles et les papiers qui vont avec, histoire de rendre le mariage plus respectable !

• Léopold ne tarde pas à tromper Sabine avec non pas une, tenez-vous bien… mais 4 femmes ! Les 4 filles d’un tailleur de Montbéliard, le sieur Curie.

En plus, le mufle persuade Sabine de les prendre comme dames de compagnie. Il les fait même baronnes !

• Léopold aura une vingtaine d’enfants, en tout. Et là le père se fait monstre incestueux en mariant entre eux ses propres enfants ! Tout ce petit monde vivant à Montbéliard (on imagine les ragots)…

Sabine se sépare en 1714, pour « incompatibilité d’humeur » (tu m'étonnes).

Bien sûr, aucun de ses enfants ne lui succède à sa mort en 1723, à 52 ans...


Et encore !