Mirès, tops et flops du businessman aux dents longues

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Le passage - ©Moonik / CC-BY-SA Le passage - ©Moonik / CC-BY-SA
Passage des Princes de Paris Rue Quartier

Le passage des Princes date de 1860. Construit à une époque où les passages à Paris ont perdu tout leur charme et leur intérêt : voui, carrément has been... pour le badaud parigot toujours avide de nouveautés. Et c'est un type à la carrière fulgurante qui fonde le passage.

Un qui a connu le top pour se casser ensuite violemment la gueule : l’homme d’affaires Jules Mirès. L'avait-il senti, le vent tourner ? Senti que quelques mois plus-tard, il allait connaître la chute et l’humiliation ? De Bordeaux sa ville natale en 1809, Jules fonce s’installer à Paris en 1836.

Pour y faire des affaires juteuses, tiens. Et autant dire qu'il ne chôme pas, Jules : il fonde le célèbre canard Le Petit Journal, créé la banque du Crédit mobilier, devient propriétaire de la Société du gaz de Marseille... waouh, Julot, mollo ! On ne l’arrête plus.

Jusqu’à perdre tout. Crac. Après un procès pour escroquerie en 1861. Allez zou, case prison sans toucher de p'tits biftons, ah aahh… non, pas tout à fait : condamné à 5 ans de prison, Jules n'en fera pas un seul et se fait acquitter. Ouais, mais il peut faire une croix définitive sur sa carrière en or.

Il meurt en 1871. Jules Mirès avait acheté l’hôtel des Princes et de l’Europe construit en 1806 pour récupérer le terrain et y aménager son passage. A noter que le passage original a été détruit en 1985 et reconstruit tout pareil 10 ans plus tard !

Les plaisirs de Paris, guide pratique et illustré (Alfred Delvau, 1867) dit qu'ici, contrairement aux autres passages parisiens, « tout le monde ne se promène pas pour être vu, ni même pour voir : il y a des gens qui se promènent pour se promener. »


Et encore !