Méchoui et vaisselles dorées : le Plessis de M. Bourré

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Le château - ©Manfred Heyde / CC-BY-SA Le château - ©Manfred Heyde / CC-BY-SA
Château du Plessis-Bourré Château Château de la Loire Festivités Jean Bourré

Une protection bien piquante

On appelle Plessis une maison ou un château entouré de « plesses ». Les plesses, késaco ? Ce sont des palissades plantées dans les douves, destinées à se protéger. Comme il y avait pleins de châteaux à plesses partout sur le royaume, on les appelait par le nom du seigneur qui les possédait : Plessis-Macé, Plessis-Bourré...

Un môssieur ben installé !

Parmi tous les châteaux que le riche Jean Bourré fait construire, le Plessis reste sans conteste le plus beau ! L'historien Bourdigné, dans ses Chroniques d'Anjou, dit :

« Jean Bourré fit édifier en pays d'Anjou une très belle et forte place, appelée de son nom le Plessis-Bourré, qui est tenu un des châteaux de France pour ce qu'il contient, le plus aisé et le mieux bâti. »

Mais qui est donc ce monsieur Bourré ? Trésorier de France en 1474, gouverneur de Charles VIII, il fait entre autre reconstruire le château de Langeais pour le roi. Grâce à sa grande fortune, il fait élever ses châteaux de Jarzé et de Vaux (49).

L'histoire du Plessis commence lorsque Jean Bourré acquiert le domaine de « Plessis-le-Vent » en 1462. Dès 1468, les travaux commencent, pour s'achever 4 ans plus tard. Jean peut enfin s'installer. Et il en a, du bazar à ranger !

Il collectionne les belles choses : objets d'art, vaisselles d'or et d'argent, manuscrits enluminés... Mais entre toutes ces merveilles, une seule bat toutes les autres : le très beau plafond de la salle des gardes, qu'on peut encore admirer aujourd'hui !

Méchoui, vin et poires

Les rois de France ne s'y trompent pas et apprécient beaucoup ce château et ses alentours lors de leur visite ! Louis XI débarque un jour d'été 1472, après s'être presque excusé de ne pas avoir encore « visité son beau château, nouvellement bâti, et dont on lui racontait des merveilles ». Charles VIII déboule en 1487, suivi par des ambassadeurs de Hongrie la même année...

Bourré y organise des fêtes somptueuses, où l'on mange bœufs entiers, des moutons, accompagnés de « bon vin blanc de Vaux » et de « poires de bon Chrétien ». Mais Jean, qui vient de se faire construire un nouveau château non loin de là, ne revient plus beaucoup au Plessis. Et à sa mort en 1506, le château reste 2 siècles dans sa descendance...


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