Lyon et le mystère du fantôme du palais Saint-Pierre

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Le réfectoire - ©GO69 / CC-BY-SA Le réfectoire - ©GO69 / CC-BY-SA
Palais Saint-Pierre de Lyon Abbaye Bénédictin Fantôme

Une abbaye puissante


Des terres partout, partout !


On ne sait pas bien de quand date sa fondation. Mais en revanche, on est sûr que les Sarrasins saccagent la ville de Lyon et notre monastère, au IXe siècle. Alors, l'évêque de Charlemagne, Leidrade, fait restaurer l'église et les bâtiments de Saint-Pierre : il rapporte qu'on y compte 32 religieuses qui y vivent selon la règle établie. Déjà, les rois carolingiens donnent sans compter.

Nos abbesses sont très indépendantes. Elles possèdent une quinzaine de prieurés dans la région lyonnaise, le Bugey, et même le Dauphiné. A Lyon, elles possèdent des terrains sur la colline de la Croix-Rousse, là où se trouvent les vestiges de l'ancienne ville romaine.

Noblesse oblige !


L'abbaye devient très riche, très puissante grâce aux dons des rois, grâce aux dots des religieuses toutes mieux nées les unes que les autres...

Et oui, on trouve parmi les abbesses des Montmorency, des Cossé-Brissac, des Lévis... car il fallait dit-on, faire preuve de 4 degrés de noblesse du côté du père, et autant du côté de la mère !... Certaines jeunes femmes venaient là dès l'âge de 5 ans.

Travailler, nous ?!


Mais, mais, mais... attention, la dépravation et la décadence règnent ici. Si, je vous assure ! Fêtes, orgies, débauche, on oublie vite ses vœux de chasteté, si vous voyez ce que je veux dire !

Mais comme l’abbaye se trouve sous l'autorité suprême du pape, hé bien... on ne peut pas faire grand-chose. L'archevêque de Lyon, François de Rohan, veut changer tout ça, au tout début du XVIe siècle : il impose aux religieuses pauvreté, obéissance, travail !

Aie, pour ces dames habituées au luxe et au faste, le coup est rude ! Elles refusent catégoriquement, comme quoi rien ne peut leur être imposé, qu'elles sont sous la protection du Pape, etc. Finalement, la réforme se met en place, tant bien que mal. Puis l'abbaye se retrouve incorporée à l'ordre de Chezal-Benoît, jusqu'en 1637. Le pape la place alors sous l'autorité des archevêques de Lyon.

Un fantôme sème la pagaille


Un baiser glacé dans le noir


Mais, à la même époque, stupéfaction ! On se met à murmurer qu'un fantôme hante le couvent : si, si ! Celui d'Alix de Tézieux, une ancienne dame de l'abbaye, morte très pauvrement dans un village des environs de Lyon.

Une des dames de Saint-Pierre en particulier, Antoinette de Grôlée, assure qu'un souffle vient la réveiller la nuit, qu'elle entend des pas autour d'elle sans jamais voir personne, et surtout sent un baiser se déposer sur sa bouche ! Ah, parce qu'on la dit en plus l’ancienne maîtresse d'Alix...

Gros canular ?


Affolée, Antoinette en réfère à la mère supérieure, qui immédiatement, demande à l'esprit de se manifester en frappant des coups. Coups qui résonnent lourdement... aussitôt, on procède à un exorcisme : la chose se passe en 1527. L'affaire défraie la chronique et tout le monde en parle, dont ce compte-rendu paru en 1528, La merveilleuse histoire de l'esprit qui depuis naguère est apparu au monastère des religieuses de Saint-Pierre de Lyon.

Mais vous savez quoi ? Je penche plutôt pour un gros canular destiné à ce que ces dames se calment un peu et remettent de l'ordre dans leur conduite ! Pas vous ?


Et encore !