L'orgue de Lucien Bonaparte, les os de Marie-Madeleine et du sang mystérieux

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Une relique de Marie-Madeleine - ©jean-louis Zimmermann / CC-BY Une relique de Marie-Madeleine - ©jean-louis Zimmermann / CC-BY
Basilique Sainte-Marie-Madeleine Basilique Miracle Relique

Un orgue préservé : merci Lucien Bonaparte !

L'orgue, construit en 1773 par le frère dominicain Jean-Esprit Isnard, de Tarascon. Une vraie prouesse technique, avec ses 4 claviers et ses 2 981 tuyaux !

Petite anecdote en passant : où comment un des frères de Napoléon a sauvé l'orgue... A la Révolution, en pleine Terreur, on voit un des frères du petit Corse, donc, s'installer à Saint-Maximin (rebaptisée Marathon pour l'occasion, car les saints et les rois à la Révolution, on ne peut plus trop les voir).

Il s'agit de Lucien, qui occupe le poste de garde-magasin. Il se sent bien en Provence, Lucien, même par les temps qui courent... d'autant plus qu'il est tombé fou amoureux de la sœur de la personne qui le loge, mademoiselle Boyer... Bref ! Lorsqu'un jour il voit Paul Barras et ses hommes débouler dans la basilique pour tout détruire, Lucien Bonaparte sauve l'orgue... en lui faisant jouer la Marseillaise ! Touché, Barras passe son chemin...

Bout de mâchoire et sang mystérieux

Le clou du spectacle, la crypte ! Voilà le reliquaire de Marie-Madeleine en bronze doré du XIXe siècle avec à l'intérieur... le crâne de la sainte. On dit que son tombeau est le troisième tombeau du monde après celui du Christ à Jérusalem et celui de saint Pierre à Rome !

Charles d'Anjou avait mis la tête de la sainte dans un reliquaire en or en forme de buste, son bras dans un autre et le reste du corps dans une châsse en argent. Charles Ier d'Anjou, le père, envoie une couronne pour mettre sur la tête de la sainte.

Le pape Boniface VIII avait fait venir de l'église Saint-Jean-de-Latran (Italie) un bout de mâchoire pour la sainte à qui il manquait, on l'a vu plus haut, « l'os maxillaire inférieur » ! On dit que les deux parties s’emboîtèrent très bien...

En dessous du buste, une fiole contient un morceau du front de Madeleine, le fameux front qu'a touché Jésus lors de sa résurrection en disant noli me tangere, « ne me touche pas ».

Dans la grotte aussi, on voit une fiole contenant un liquide rouge : un liquide constitué de petites pierres et de terre teintées par le sang du Christ, que Madeleine a ramassé à ses pieds !

Encore au XIXe siècle, on pouvait observer le vendredi saint chaque année après la lecture de la Passion, le sang passer d'un rouge sombre presque noir à une matière rouge rubis. Le phénomène a cessé depuis... (La Sainte Baume en Provence ou histoire de Marie-Magdeleine, par l'abbé Maille)


Et encore !