L'exil de la reine Margot à Saint-Saturnin

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Le château - ©Calips / CC-BY-SA Le château - ©Calips / CC-BY-SA
Château de Saint-Saturnin Château Reine Margot Catherine de Médicis Guerre de Religion

Un exil ? Pourquoi ?

La mère et le fils contre la fille !

Vous le saviez, vous, que Saint-Saturnin a été le château de la famille de la reine Catherine de Médicis ? Voui : florentine par son papa Lorenzo, mais française par maman, la Catherine ! Une mère qui s’appelle Madeleine de La Tour-d’Auvergne. Une bonne Auvergnate fille d’une Bourbon et d’un comte d’Auvergne...

Mais la dernière grande propriétaire du château, c'est la fille de Catherine : la reine Margot. Qui après avoir dragouillé à Nérac (et un peu moins à Pau), se retrouve exilée en Auvergne à Saint-Saturnin, quelques jours. Exilée par qui ? Par sa mère, tiens, de mèche avec le frangin de Margot, le roi Henri III.

Un frérot qui la hait tout autant qu’il maudit son mari, le futur Henri IV. Car elle a comploté, la vilaine ! Pour mettre son jeune frangin d’Alençon sur le trône, à la place d’Henri III ! Et elle est insupportable, Margot, faut le dire : sa conduite déplacée affole la cour...

Le tour de l'Auvergne

Et dire qu’on l’avait mariée en 1572 au futur Henri IV pour rabibocher cathos et huguenots après la 3e guerre de religion... Bon, l’inverse se produit, avec la St-Barthélémy quelques jours après la noce.

Jusqu’à la demande d’annulation de mariage demandée par Henri qui arrive en 1599. Entre temps, Margot vit donc 20 ans en exil en Auvergne : Besse, Issoire, Saint-Saturnin, Usson... où elle passe 20 ans.

Margot donnera Saint-Saturnin au fiston de son ex, le roi Henri IV : le futur Louis XIII. Histoire de rabibocher tout le monde ! Et du coup, lorsque le cardinal de Richelieu décide de démolir toutes les vieilles forteresses devenues inutiles, Saint-Saturnin se fait épargner...

Le drame de Margot

1596. C’est au château de Saint-Saturnin qu’on dit que Margot apprend la mort de son amant, le beau Gabriel d’Aubiac. Dans des conditions terribles : Henri III fait arrêter l’amant de Margot qui se trouve à Aigueperse. Par vengeance, na !

Et sur une potence que ses hommes ont dressé sur la place de la ville, on le pend par les pieds. La tête en bas, la mort arrive... et sous sa tête, une fosse fraîchement creusée... pour l’y enterrer encore vivant. Brantôme dit dans ses Mémoires :

« Avant son exécution, au lieu de se souvenir de son âme, il baisait un manchon de velours, le seul gage qui lui restait des bienfaits de sa dame. »

Margot, terrassée, compose un poème à Usson, qui se termine par :

« Cet amant de mon cœur, qu’une éternelle absence Eloigne de mes yeux, non de ma souvenance, A tiré quant et soi, sans espoir de retour, Ce que j’avais d’amour. »


Et encore !