L'été sanglant de Béziers : le massacre des Albigeois

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La prise de Béziers - ©Public domain La prise de Béziers - ©Public domain
Cathédrale Saint-Nazaire de Béziers Cathédrale Massacre Cathare Siège

Le feu aux poudres

Juillet 1209. Sac de Béziers. Hurlements. Des cris d’horreur percent la nuit. Des cris... inhumains... abominables... l’odeur du sang est presque palpable. Vous la sentez ? A vomir. Vite vite... il faut se cacher, vite... se terrer... ne pas se faire voir où ils vous auront !

Juillet 1209, Béziers a vécu l’impensable. Un carnage. La vie qui s’écroule... Tout avait commencé en 1208, avec l’assassinat de Pierre de Castelnau. Le point de départ de la croisade des Albigeois, la guerre contre les cathares hérétiques. Des cathares surtout implantés en Languedoc...

Une terre où les religieux mènent une vie de débauche. Où les hommes préfèrent délaisser cette religion catho devenue trop futile. On veut une vraie foi. Un christianisme plus pur. Le catharisme naît alors.

« Suppôts de Satan, va ! » grogne un pape furieux, qui envoie fissa des prêtres prêcher le retour au catholicisme. Dont Pierre de Castelnau. En vain. Personne ne les écoute. Pire, Castelnau se fait zigouiller ! Alors, ça sera la croisade !

Massacrez-les tous !

Des armées entières déferlant du nord de la France. Pour massacrer. Anéantir l’hérésie. Première cible ? Béziers. Un repaire de tout ce qui se fait de pire, dit la chronique ! 20 000 hommes s’approchent de la ville. On est en juillet, c’est un été torride comme on en a pas vu depuis longtemps. Les hommes cuisent sur place.

La terre a soif. Les Bitterois se préparent au pire derrière la muraille... Et le flot de croisés s’engouffre dans la ville. Pour tuer tout ce qui bouge. Même ceux qui se cachent dans les églises. C’est au milieu de ce massacre que le chef des croisés aurait dit le célèbre « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Tu parles, les coups ont tué tout le monde : jeune, vieux, cathos en majorité comme cathares... Le feu et le sang auront raison de Béziers, à tel point « qu’il n’y demeura pas chose vivante. » La cathédrale romane qui existait alors disparaît entièrement dans les flammes. La Chanson de la Croisade dit :

« Et tout le moutier brûla qu’avait fait maître Gervais (l’architecte, ndlr). Par le milieu il se fendit par l’effet de la chaleur, et deux pans en tombèrent. »

La cathédrale gothique actuelle date donc du milieu du XIIIe s.


Et encore !