Les Tuileries du temps de la Médicis : Jean l’Ecorcheur ou la légende du petit homme rouge

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Vestige du palais de C. de Médicis, jardin des Tuileries - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Vestige du palais de C. de Médicis, jardin des Tuileries - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Jardin des Tuileries Jardin Catherine de Médicis Marie-Antoinette Napoléon Ier Légende Fantôme

Saviez-vous qu’on trouve un vestige du palais des Tuileries, dans le jardin ? Une arcade Renaissance signée Philibert Delorme, le long de la terrasse qui longe la Seine.

1564. La reine Catherine de Médicis veut un palais proche du Louvre, complètement indépendant : le palais des Tuileries vient de naître. Rois et empereurs s’y succèdent. Mais il se fait brûler le 26 mars 1871, pendant la Commune. Le brasier dure 3 jours et il ne reste rien... si, une légende. Celle de l’Homme en rouge, l’Ecorcheur.

Qui apparaît toujours la veille de catastrophes... Marie-Antoinette l’a vu, Napoléon aussi. Pour lui, l’Ecorcheur sera même un démon protecteur !

Les faits : la légende de Jean l'Ecorcheur

L’Homme en rouge serait le fantôme de Jean l’Ecorcheur. Car avant le palais des Tuileries se dressait le petit château de François Ier construit pour sa maman, lui-même construit sur une fabrique de tuiles (d’où les Tuileries) et un abattoir où travaillaient Jean et ses fils.

Mais Jean se fait assassiner, car il en savait trop sur la vie et les secrets de Catherine de Médicis... Jean a le temps de crier à son assassin, Neuville : « Je reviendrai !! » Oui, il reviendra. Neuville se sent vite épié. Et il voit Jean, tout ensanglanté, ses yeux vitreux braqués sur lui.

Un fantôme ! Il retourne à l’endroit du carnage, mais ne trouve plus le corps. Neuville va tout raconter à Catherine, qui le rassure. Mais quand l’homme rouge apparaît à la reine, il ne lui en faut pas plus pour déménager !

1er témoin : Marie-Antoinette

Le fantôme se calme un moment puis réapparaît en pleine Révolution, alors qu’on a exilé la famille royale de Versailles aux Tuileries. Une nuit de 1792, Marie-Antoinette sent une nuée rouge l’envahir, et la silhouette d’un homme s’y profiler. Un cri... puis, Mme Campan, sa dame de compagnie, la trouve toute blême.

L’Ecorcheur ne s’était pas trompé : la famille royale allait bientôt mourir... On ne sait pas sur quel fait divers repose cette légende. On sait seulement que pour le cas de Marie-Antoinette, la reine est en état de choc, Révolution oblige. Elle a entendu parler de cette légende et forcément, à la faveur de l’obscurité, les nerfs déjà à vifs, elle a « vu » l’Ecorcheur.

Mme Campan pense que c’est le flash d’une scène qu’elle a vécue peu avant : le citoyen Jean Lerouge qui planta le cœur d’un veau au bout d’une pique, avec la pancarte « cœur d’aristocrate »...

2e témoin : Napoléon I (et son démon)

Le petit Corse voit le petit homme rouge pour la première fois en Egypte, la veille de la bataille des Pyramides, en 1798. Alors qu’il passe près d’une pyramide, un homme drapé dans un manteau rouge en surgit et fait signe de le suivre. Napo n’hésite pas et entre dans la construction.

Après une heure, il en ressort, sourire aux lèvres. Vous savez quoi ? Il établit ses plans de bataille avec précision et remporte la victoire le lendemain. Mais... qui donc se cache derrière cet homme en rouge ? Un démon avec qui le Corse aurait fait un pacte pour le protéger...

17 ans après cette scène, la veille de Waterloo, un brouillard rouge envahit Napo dans sa chambre aux Tuileries, et il distingue le petit homme. Qui lui dit que leur pacte prend fin et qu’il vaudrait mieux faire la paix avec l'ennemi ou le repousser, car il n’aura plus sa protection, bientôt... Napo chouine et demande du rab, en vain. L’homme disparaît : et effectivement, on sait le désastre qu’a été Waterloo !

La dernière apparition du petit homme rouge ? Pendant l’incendie du palais des Tuileries, en 1871, où sa silhouette tremblotante se profile au milieu du brasier. Après, plus rien. De toute façon, le palais qu’il hantait n’a jamais été reconstruit...


Et encore !