Les supplices du terrible Bernard d'Armagnac

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Le château - ©Christophe.Finot / CC-BY-SA Le château - ©Christophe.Finot / CC-BY-SA
Château de Brousse Château Homicide Torture Bernard VII d'Armagnac Guerre de Cent Ans

Ce soudard, c'est Bernard

Il est vilain, Bernard VII d'Armagnac. Vilain, cruel et sanguinaire ! Il n’hésite pas à assassiner sa famille... Si, si, tenez : il prend en grippe Géraud de Pardiac, un lointain parent à lui. Pourquoi ? Parce qu’il a des terres qui l’intéresse et qu’un de ses fils avait épousé son ancienne fiancée, Marguerite de Comminges. Enfin, fiancée, tu parles... celle qui l'a envoyé paître, oui. Bernard commence à l’accuser de tous les maux et à le traîner en justice. Sauf que le Géraud se débrouille très bien et parvient à montrer son innocence. Na !

Furieux, Bernard s’en va l’assiéger et le fait prisonnier. Oh, pas longtemps... le pauvre Géraud mourra de faim et de tortures au fond d’un puits... Ses deux fils connaîtront le même sort : le 1er, conduit là où était mort son père, aperçut le corps et tomba raide mort ! Le 2nd, il s’agit de Jean, dont on vous raconte la fin terrible un peu plus bas... En tout cas, Bernard n’a rien gagné : Marguerite de Comminges se fichait bien de lui, et se remaria avec un autre...

Bah, c’est l’époque qui veut ça, non ?... On est en pleine guerre de Cent Ans, autant dire qu’on ne rigolait pas : Bernard, lui, ne s’appelle pas d’Armagnac pour rien. Il sera le chef du parti des Armagnacs (qui soutenait le roi de France et à qui il donne son nom) contre ces maudits Bourguignons, affiliés aux Anglais. C’est qu’il est aussi un grand, très important personnage ! Mais voilà : Bernard (fraîchement nommé connétable) finit sa vie supplicié et assassiné par des Parisiens en délire (Paris était bourguignonne), en 1418...

Les yeux brûlés

En 1404, Bernard, qui veut la mort de toute la branche des Pardiac, fait enfermer le fils de Géraud, Jean, vicomte d’Armagnac, dans la Tour du Prisonnier : le pauvre connait une fin atroce, les yeux brûlés... par sa propre femme, forcée par le connétable ! Il meurt en souffrant, oublié dans son cachot de Brousse... Froissart raconte :

« ... on lui fit perdre la vue avec un bassin ardent (bassine remplie de braises, ndlr) qu’on lui mit devant les yeux. Il languit longtemps dans cet état privé de secours et mourut enfin accablé de misère. »


Et encore !