Les seigneurs de Reinbeaupierre : famille, je vous hais

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Salle des Chevaliers - ©Dsch67 / CC-BY-SA Salle des Chevaliers - ©Dsch67 / CC-BY-SA
Château Saint-Ulrich Château

Le nid d'aigle de Reinbaud

Mentionné pour la première fois en 1038, c'est un seigneur d'Alsace du nom de Reinbaud qui vit là dans son donjon : « C'est à moi ! Mon précieuuux... » clame Reinbaud. Alors tout naturellement, le sieur l'appelle Reinbeaupierre. Ses ancêtres prendront le nom de Ribeaupierre, Rappolstein en allemand... Une famille puissante, ceux-là ! Si, si, ils sont même à l'origine des rois de Bavière !

Et pour asseoir leur autorité, ils ont besoin d'une place-forte : sort alors de terre un formidable donjon circulaire entouré d'une enceinte, situé sur un éperon rocheux à quelque 500 m d'altitude... Un repaire imprenable et hors d'atteinte, le rêve pour tout seigneur qui se respecte...

A l'intérieur de l'enceinte, on construit deux logis. Puis entre 1220 et 1250, les seigneurs lancent une grande campagne de travaux d'agrandissement : un donjon carré s'élève au sud ainsi qu'un grand logis rectangulaire.

C'est là que vous pourrez voir la salle dite « des chevaliers », dont on admire encore de beaux vestiges. Ce vaste hall ajouré d'une bordure de fenêtres ogivales semble bien délicat, pour une forteresse si massive, vous ne trouvez pas ?

C'est la lutte... familiale

Délicat ou pas : le château, pour le moment, les seigneurs de Ribeaupierre s'en fichent pas mal ! Trop occupés à se taper dessus, quand ce n'est pas sur le voisin... Tenez : au XIIIe siècle, un certain Anselme de Ribeaupierre hérite de son paternel.

Mais le bougre veut garder son héritage pour lui tout seul. Partager avec ses frangins ? Non mais ça va pas bien ?! Du coup, il se fait assiéger par Rodolphe de Habsbourg. Hé, Rodolphe, te casse pas la tête : Saint-Ulrich est imprenable...

Il faudra attendre 6 longues années pour que le prochain roi ne retente le siège et n'y arrive, faisant prisonnier Anselme. La terre sera partagée entre les frérots, enfin !

D'Ursligen à Ulrich : à vos souhaits !

La fringante dynastie des Ribeaupierre disparaît en 1673 : autant dire tout de suite que leurs successeurs abandonnent progressivement le château. Place aux évêques de Bâle, d'abord. Evêques qui un beau jour donneront leur bien à un seigneur du nom d'Eguenolf d'Urslingen... qui adoptera le nom de Ribeaupierre !

Bah, joli nom, après tout, non ? Hé bien plus facile à prononcer que Urslingen ! Mais lorsqu'au XVe siècle se construit la chapelle Saint-Ulrich, au cœur de notre château, voilà que celui-ci change de nom : Ribeaupierre devient Saint-Ulrich...


Et encore !