Les petites histoires du château de Ravel

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Le château - ©(:Julien:) / CC-BY-SA Le château - ©(:Julien:) / CC-BY-SA
Château de Ravel Château

Un donjon féodal... transformé en beau château


Tout commence au XIIe siècle, avec la construction du donjon (qu'on voit toujours aujourd'hui). En 1170, plus précisément, par Bernard de Revel, le premier seigneur dont on trouve la mention. En 1214, Déodat, baron d'Estaing, sauve la vie à son roi Philippe Auguste, pendant la bataille de Bouvines : en signe de gratitude, celui qu'on surnomme Tristan reçoit l'autorisation et l'honneur d'ajouter les armes de France à son blason, composé d'un chef d'or ! Tenez, vous pouvez encore les voir sculptées au-dessus de la porte de la cour d'honneur...

Bref ! Voilà que le fief de Ravel intéresse nos rois : il est acquis par le roi Philippe le Hardi en 1283 et par Philippe le Bel 10 ans plus tard. C'est un certain Pierre Flotte qui reçoit la terre en 1294. Ensuite, plusieurs propriétaires se succèdent : les Chauvigny, les d'Amboise, les La Rochefoucauld, les Combourcier... ça commence à en faire, du monde, non ?

Alors, venons en à la famille qui nous intéresse : les D'Estaing, qui acquièrent le château lors du mariage de Jean d'Estaing, marquis de Saillans et de Claude de Combourcier, en 1647. Une très ancienne et puissante famille originaire de la région, les D'Estaing ! Ce sont eux qui petit à petit transforment le vieux château féodal en maison confortable : jardins à la française, grandes pièces avec stucs, boiseries, parquets, percées de grandes fenêtres. Je vous ai déjà dit que l'amiral d'Estaing était né à Ravel ?

Ah, oui... hé bien, lui aussi modernise son château ! Il finit de l'aménager et de le meubler dans le style Louis XVI. Puisque notre amiral guillotiné en 1794 n'a pas d'héritier, son château revient à sa demi-sœur, qui ne tardera pas à le vendre : en 1806, la famille de Riberolles achète Ravel. Ce sont eux qui obtiennent son classement aux Monuments historiques.

Une petite visite ?


On voit quoi, à Ravel ? Plein de choses ! Venez...
• Au rez-de-chaussée se trouve la superbe salle où devaient se tenir les Etats d'Auvergne, en 1301 : ne la ratez pas, elle est exceptionnelle ! 49 blasons colorés flanqués de petits personnages et de feuillages courent le long de la pièce.
• Au 1er étage, changement de décor ! Nous voilà au XVIIIe siècle : d'abord, les vestibules ; ensuite, la « salle de Généalogie », avec les portraits de la famille d'Estaing. Puis la salle de billard, la belle « salle des Ecussons » et son pavement en terre cuite, le salon de musique et ses boiseries dorées, la Grande galerie, la salle à manger et ses boiseries Louis XV ; enfin, la très belle chambre royale, où l'amiral d'Estaing a vu le jour !

En plus, toutes ces pièces ont gardé un très beau parquet « à la Versailles » d'époque... N'oubliez pas la petite promenade dans les jardins à la française (dessins de Le Nôtre) : vous savez quoi ? Une légende dit qu'autrefois, on trouvait au milieu d'un bassin une grande statue en marbre d'une femme à moitié nue. Les habitants du coin la considéraient comme une sainte ! Devant l'affluence des pèlerins, on déplaça la statue... à l'intérieur du château !


Et encore !