Les petites histoires de Saint-Pierre de Poitiers

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La façade - ©Jordiferrer / CC-BY-SA La façade - ©Jordiferrer / CC-BY-SA
Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers Cathédrale Festivités Aliénor d'Aquitaine Louis VII le Jeune Siège Guerre de Religion Révolution Française

Le couronnement d'Aliénor

Après leur mariage dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux et une nuit de noces au château de Taillebourg, Aliénor et le roi Louis le Jeune se font couronner ducs d’Aquitaine dans la cathédrale de Poitiers, le 8 août 1137.

Poitiers, capitale des ducs d’Aquitaine... Oui, Louis peut dire merci à Aliénor : grâce à elle, il compte bien agrandir son petit royaume de France avec les terres qu’elle lui apporte : Poitou, Périgord, Bordelais... Quelques jours plus tard, dans une ville encore toute en liesse, le couple apprend la nouvelle de la mort du paternel de Louis, le roi de France Louis VI... voilà Louis le Jeune devenu Louis VII.

Aliénor, Henri et Cie

La cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, de style gothique angevin, se construit dès 840 à l’emplacement de la vieille église Saint-Hilaire. Un incendie en 1018 détruit tout, et c’est le comte de Poitou Guillaume le Grand qui la retape et l’agrandie.

La cathédrale actuelle se construit au milieu du XIIe s. grâce à Aliénor d’Aquitaine et Henri II son mari anglais : une construction dans le style gothique angevin ou style Plantagenet, une école très différente du gothique du reste de la France : on le trouve en Poitou et en Anjou, débordant quelquefois dans les régions alentours, comme en Berry.

On la consacre seulement en 1379 : à cette date, les Anglais ont déserté la région, enfin redevenue française. Voilà le duc Jean de Berry qui vient s’installer à Poitiers : il s’occupe d’achever et d’embellir la cathédrale, peut-être grâce à son fidèle architecte Dammartin. Les tours ne voient le jour qu’au XVIe s.

Et tiens, un boulet dans ta façade !

Pendant les guerres de Religion, la cathédrale de Poitiers se fait assiéger par les Protestants, très très actifs dans la région : oh mais ! Vous avez vu ? On voit sur le chevet les traces de boulets tirés en 1569 pendant le siège de la ville par les troupes de l’amiral de Coligny !

En attendant, on stocke les boulets après le siège puis on les oublie... jusqu’en 1793, lorsque France et Angleterre se mettent en guerre : on ressort près de 700 boulets, qu’on envoie aux armées françaises qui vont se faire un plaisir de couler la flotte anglaise avec ça !

La foudre frappe

Pire que les protestants, il y a la colère du ciel : la foudre. Oui, car elle arrive toujours à ses fins... Figurez-vous qu’il existait une grande flèche, au sommet de la cathédrale, frappée par un gros orage en 1713... et dire que dedans se trouvaient justement des cloches protectrices censées sonner pour éloigner l’orage... ben, ça n’a pas marché... sur quoi on démolit la flèche.

On marie même les curés !

1793. Aaaah, la Révolution et son cortège de changements ! Pagaille chez les curés, avec la nouvelle loi (constitution civile du clergé) qui abolit les privilèges liés à leur « classe » : hé, on vire les symboles royaux, alors exit aussi les symboles divins.

L’église catho en prend un coup, se retrouvant tout affaiblie ! Ne pouvant plus exercer légalement, le nombre de prêtres réfractaires augmentent, et un phénomène avec lui : le mariage des curés. Pas nouveau comme question... mais là, on passe vraiment à l’acte !

C’est le cas d’un certain Louis-René de Pignonneau, ex-chanoine, qui vient se marier à la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers avec une jeune femme en septembre 1793. Toute la ville assiste à l’événement... Sur les portes de la cathédrale, Pignonneau fait cette inscription : « Saint Pierre s’est marié, saint Hilaire s’est marié, Pignonneau les a imités » !


Et encore !