Les petites histoires de Saint-Bonaventure de Lyon

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Façade nord - ©Pucesurvitaminee / CC-BY-SA Façade nord - ©Pucesurvitaminee / CC-BY-SA
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Le médecin du roi


Une colonie de moines franciscains arrive à Lyon au tout début du XIIIe siècle. Humbert de Grolée leur cède un de ses terrains sur la rive droite du Rhône : ils fondent ainsi le couvent des Cordeliers. Le petit-fils de notre généreux seigneur, Jacques de Grolée, fait construire une petite église en 1325 pour servir de chapelle au couvent des Cordeliers.

Les travaux de l'église sont suffisamment avancés pour que 4 ans plus tard, l'archevêque de Lyon, Pierre de Savoie, la consacre. Puis le chantier avance plutôt lentement mais tout sera achevé à la fin du XVe siècle par Simon de Pavie, médecin de Louis XI.

Drapiers et vitriers


Très vite, les confréries et les corporations fréquentent assidûment notre église : pour preuve, la vingtaine de chapelles qu'elles y possèdent ! Les marchands de Troyes dédient une chapelle à saint Fortunat ; les tailleurs de pierre à saint Jacques et saint Philippe ; les vitriers à saint Clair et saint Luc ; les hôteliers à saint Antoine-de-Padoue ; les drapiers à saint Mathieu...

Un pèlerinage, des émeutes


Frère Bonaventure


Et pourquoi ce nom de Bonaventure, au fait ? Parce qu'aux Cordeliers, on inhume en 1274 le cardinal Jean da Fidenza, ministre des Franciscains, plus connu sous le nom de... frère Bonaventure ! Son culte devient officiel grâce à une bulle papale : viennent alors en pèlerinage les habitants de Lyon, mais aussi les rois et les reines. Anne de Beaujeu, la fille de Louis XI, offre même un magnifique buste-reliquaire en argent flanqué de pierres précieuses.

Révolte sanglante


Que s'est-il encore passé, ici ? Ah, oui : la Rebeyne (« émeute », en patois) d'avril 1529. Excédés par une nouvelle hausse du prix du blé, les Lyonnais déjà plongés dans la misère prennent les armes et se rassemblent dans notre église. Le but : se saisir des réserves de grains des « riches » ! Tout se finira dans le sang une semaine plus tard, les agitateurs pendus au gibet placé sur la place de l'église... Un avant-goût du désordre qui va suivre ?

Révolutions !


Des saccages, un traitre


Oui, car nous voilà en 1562 ; le couvent souffre beaucoup des ravages des troupes protestantes du terrible baron des Adrets : cloître saccagé, tableaux, vitraux, statues détruits... On dit qu'ils occupèrent l'église (qu'ils avaient transformé en temple) plusieurs années !

Autre petite histoire : ici, Henri IV pardonne à son fidèle Biron sa première trahison avec l'ennemi. Première, mais pas dernière !

Y'a qu'une dent


Et puis... autres temps, autres mœurs : c'est dans l'église qu'a eu lieu l'assemblée des députés aux Etats-Généraux, en mars 1789. Après ça, on transforme l'église en grenier à blé, en manège à chevaux. Tous les objets d'art sont enlevés, les chapelles des bas-côtés murées, les vitraux brisés...

Même les reliques de Bonaventure finissent dans la Saône ! Une fois l'église rendue au culte en 1807, on refait un nouveau reliquaire, copie conforme de celui offert par Anne de Beaujeu (disparu à la Révolution, tiens). On y place les restes retrouvés (un os et une dent) de Bonaventure...


Et encore !