Les malades de Marguerite de Bourgogne-Tonnerre

Vinaigrette 0
L'hôtel - ©Pline / CC-BY-SA L'hôtel - ©Pline / CC-BY-SA
Hôtel-Dieu de Tonnerre Hôtel-Dieu Marguerite de Bourgogne-Tonnerre

C'est le plus vieil, le plus vaste et le mieux conservés des hôpitaux de France et d'Europe ! Il existait déjà à Tonnerre un hôtel-Dieu au XIe siècle, à côté de l'église Notre-Dame. Mais il est trop petit, cet hôpital.

Marguerite de Bourgogne, reine de Jérusalem, de Naples et de Sicile, veuve de Charles d'Anjou, belle-sœur du roi saint Louis, veut offrir à la ville quelque chose de bien plus imposant ! Alors, Viollet-le-Duc nous dit dans son Dictionnaire raisonné (à l'article « Hôtel-Dieu ») qu'elle achète en 1293 :

« un vaste clos près d'une source appelée Fontenille, le long de l'Armançon. Dans l’acte de fondation, il est dit que les pauvres seront hébergés dans l’établissement, les convalescents nourris 7 jours et renvoyés avec chemise, cotte et soulier ; qu’une chapelle sera bâtie avec quatre autels.

Que les frères et sœurs, au nombre de 20, chargés des soins intérieurs, auront pour mission de donner à manger et à boire à ceux qui auront faim et soif, de recevoir les étrangers et pèlerins et de les héberger, de vêtir les pauvres, de visiter les malades, de consoler les prisonniers et d’ensevelir les morts.

Que les frères et sœurs auront des dortoirs et réfectoires séparés, et ne devront prendre leurs repas qu’après le service des malades. L’hôpital fut-promptement élevé, et Marguerite se fit bâtir, à côté, un logis pour pouvoir surveiller elle-même son établissement ; lorsqu’elle mourut, en 1308, les bâtiments et leurs dépendances étaient complétés depuis longtemps. »

Le chapelain Robert de Luzarches, architecte et aussi premier directeur de l’hôpital, se charge de la construction entre 1293 et 1295. La charte de fondation, confirmée par Philippe le Bel, place l’hôpital sous la protection directe des rois et du pape ! Il est ainsi autonome, richement doté.

Il subit les guerres, les épidémies (notamment les pestes de 1562 et 1570), les saccages. On dit que c'est là que l'ambassadeur de Charles Quint vient déclarer la guerre à François Ier en 1542...


Et encore !