Les Kerjégu débarquent à Trévarez

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James Louis, François et Jules de Kerjegu - ©Moreau.henri / Public domain James Louis, François et Jules de Kerjegu - ©Moreau.henri / Public domain
Château de Trévarez Château

Les frangins fermiers

Le château primitif date de la toute fin du XIe siècle : dès cette époque, il devient la propriété de plusieurs grandes familles, comme les Guerguolay, les Montfort ou les Laval. Au XVIIe siècle, une première reconstruction se fait sous la houlette de la famille de Mesgouez.

Et puis, apparait en 1845 ceux qui ont métamorphosé Trévarez tel qu'on le voit aujourd'hui : les Monjarret de Kerjégu ! En fait, ce sont deux frères, François et Louis, qui rachètent les terres : ces deux-là sont de grands propriétaires terriens et des hommes politiques.

François, par exemple, fait une importante carrière politique, devenant conseiller général du Finistère puis président de ce même Conseil. Sur les terres de leur nouvelle acquisition, les deux hommes installent même une ferme-école ! Mais chez les Kerjégu, celui qui nous intéresse ici, c'est James : le fils de François, qui naît au château en 1846.

Diplomate dès 1867 dans plusieurs pays étrangers, il décide de revenir au bercail en 1870 : à Paris, il fait partie des gardes mobiles bretons qui se battent durant la Commune, en 1870 ! Rentré en Bretagne, il perfectionne la ferme créée par son père et finit par fonder l'école d'agriculture du Finistère... James entame aussi une carrière politique, devenant président du Conseil général du Finistère en 1895.

Mazette, beau confort !

Et puis... En 1894, il lance la construction d'un château sur son domaine : pour cela, il fait appel à l’architecte Walter-André Destailleurs. Et là sort de terre une magnifique demeure, toute à la fois Renaissance et gothique !

Construit en brique rose et en pierre de Kersanton (une pierre grise utilisée pour les encadrements), le château est vrai pastiche d'un temps ancien, médiéval. Mais il n'oublie pas le confort moderne : oui ! A Trévarez, on a l’électricité, le chauffage, l'eau chaude et l'eau froide, et même un ascenseur pour desservir les étages !

Les appartements, meublés des plus beaux objets Art Déco, comptent une centaine de pièces ! Même que la charpente métallique qui la compose, grande innovation à l’époque, fait que le château a été sélectionné pour faire partie de l’Exposition universelle de Chicago, en 1904 !

Pour les extérieurs, c'est la même histoire : du grand, du très grand ! Les paysagistes Henri et Achille Duchêne s'occupent de transformer une partie des 200 hectares de bois en parc, bassins et broderies d'ifs.

Tout fout l’camp

Mais James meurt en 1908... Trévarez passe donc à sa fille. Seulement voilà, le calme sera de courte durée : en 1940, les Allemands stationnant à la base sous-marine de Brest transforment Trévarez en Q.G. Et en juillet 1944 : boum ! La Royal Air Force bombarde notre pauvre château rose... gros dégâts en perspective, évidemment.

La fille de James de Kerjégu n'aura même pas eu le temps de tout restaurer. A sa mort en 1958, le château passe au conseil général du Finistère, les terres à la chambre de l'Agriculture. Et depuis, 1993, tout a été mis en œuvre pour le restaurer !


Et encore !