Les fantômes terrifiants du petit René à Combourg

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Le château - ©Summerrahman / CC-BY-SA Le château - ©Summerrahman / CC-BY-SA
Château de Combourg Château François-René de Chateaubriand

Ténèbres sur Combourg !

Le comte de Chateaubriand, papa du célèbre poète romantique François-René, achète le château de Combourg, en 1761. Sa famille s’y installe en 1777. René ? Si, vous le connaissez au moins pour un truc : les Mémoires d’Outre-Tombe. Il évoque dedans ses 2 années de jeunesse passées à Combourg.

Son paternel, sombre et silencieux, passe ses journées à arpenter son domaine, seul. Sa mère, malade, ne s’occupe jamais de ses enfants, René (8 ans) et sa sœur Lucile. Des gamins livrés à eux-mêmes. Désespérément seuls, dans la pénombre lugubre et désolée du vieux château...

« Des cachots et des donjons, un labyrinthe de galeries, des souterrains murés, partout, silence et obscurité et visage de pierre : voilà le château de Combourg. »

Ah, punaise, mais la trouille sans nom qu’ils ont dû avoir ! Le noir quasi complet. Le vent qui hurle sous les portes. Surtout que des fantômes hantent Combourg ! La mère et la frangine de René lui en ont assez parlé, hein :

« Je reconduisais ma mère et ma sœur à leur appartement. Avant de me retirer, elles me faisaient regarder sous les lits, dans les cheminées, derrière les portes, visiter les escaliers, les passages et les corridors voisins. Toutes les traditions du château leur revenaient en mémoire. »

Jambe de bois et chat noir

Car l’austère petite chambre du petit René se trouve dans la tour du Chat. Là où précisément, un ancien seigneur revient traîner sa lourde jambe de bois en compagnie d’un gros chat noir. Jambe qui parfois aussi se balade toute seule... Le seigneur en question serait Malo-Auguste de Coëtquen

Un seigneur de Combourg, salement amoché à la bataille de Malplaquet, en 1709. D’ailleurs, des travaux en 1875 ont mis à jour le corps d’un chat momifié... emmuré. Le Guide Gallimard Côté d’Emeraude dit que cette pratique médiévale servait à conjurer le mauvais sort. Sympa !

Mugissements nocturnes

Avant d’aller se coucher, René attendait toujours, assis dans la salle des Gardes, le signal de son père. Avant de se glisser dans l’obscurité glacée vers sa petite chambre :

« Relégué dans l’endroit le plus désert, à l’ouverture des galeries des tours, je ne perdais pas un des murmures du vent, et ces murmures étaient étranges. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers, quelquefois il laissait échapper des plaintes. Tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis tous ces bruits expiraient pour recommencer encore. »

Woah : on dirait que Combourg devient vivant ! Pourtant, ce sont les fantômes de Combourg qui font de René l’adulte torturé. Le romantique à l’état pur :

« C’est au bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j’ai commencé à sentir la première atteinte du mal que j’ai porté le reste de ma vie, de cette vague tristesse qui a fait à la fois mon tourment et ma félicité. »


Et encore !