Les ducs de Bourgogne voient grand pour leur tombeaux

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Les tombeaux - ©Arnaud 25 / CC-BY-SA Les tombeaux - ©Arnaud 25 / CC-BY-SA
Palais des Ducs de Dijon Musée Philippe le Hardi Jean sans Peur

Le musée des Beaux-Arts, installé dans le palais, abrite les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Véritables petits bijoux de la sculpture de la fin du Moyen-Age.

Commandés à la fin du XIVe, début du XVe s pour aller dans la chartreuse de Champmol, nécropole de la dynastie, on les déménage à la Révolution pour les installer dans le musée des Beaux-Arts de Dijon, en 1827. Oui, car Dijon, c'est LA capitale des ducs de Bourgogne !

Tombeau du Hardi

Réalisé par « l'imagier du duc » Jean de Marville, les sculpteurs Claus Sluter, Claus de Werve et le coloriste Jean Malouel, on a là un petit chef-d’œuvre. Allez, voyons ça de plus près... Le duc a les yeux ouverts, car il est toujours vivant. Les petits pleurants l'accompagnent vers l'autre monde. Il porte sa couronne, son armure, son long manteau : vous voyez ?

A l'inverse de la plupart des gisants, le manteau a ici des plis naturels, qui retombent bien autour du duc et ne défient pas la pesanteur... c'est un vrai corps allongé, pas un gisant rigide, une statue sans âme. A ses pieds, un lion... symbole de force, oui ! Des anges portent son casque. Et sur la partie inférieure, regardez : voici le cortège de pleurants en albâtre...

L'innovation, ici, se situe au niveau de ces petits personnages : ils ne sont pas, comme ceux du fils de saint Louis à Saint-Denis par exemple, en demi-relief, coincés dans leurs arcades mais bien entiers, avec du vide tout autour d'eux. Le tombeau, en marbre blanc et marbre noir de Dinant, a été commencé en 1384.

En 1404, à la mort du duc, il n'est pas du tout fini : manquent tous les pleurants, le gisant, etc ! Jean sans Peur charge alors Sluter d'achever le tombeau en quatre ans : quatre ans, c'est peu, et Sluter meurt en 1406 sans avoir beaucoup avancé... Claus de Werve, son neveu, reprend le flambeau... et termine le tombeau en 1410 !

Tombeau de Jean sans Peur

Jean ne repose pas tout seul : sa femme Marguerite de Bourgogne l'accompagne ! Réalisé par Jean de La Huerta et Antoine Le Moiturier, la réalisation de ce tombeau est nettement plus laborieuse ! Voilà donc le fils du Hardi : il meurt en 1419, mais le tombeau n'est pas réalisé tout de suite.

C'est Philippe le Bon qui le commande en 1435 mais... Claus de Werve meurt en 1439 ! Alors, en 1243, le duc passe un contrat avec La Huerta qui réalise les éléments principaux avant de quitter brutalement Dijon en 1456 : Le Moiturier le remplace dès 1461 pour réaliser les deux gisants. En 1470, enfin ! Le tombeau rejoint Champmol...


Et encore !