Les bébés mort-nés et le sanctuaire à répit d'Avioth

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Notre-Dame d'Avioth - ©Stbrice / CC-BY-SA Notre-Dame d'Avioth - ©Stbrice / CC-BY-SA
Basilique Notre-Dame d'Avioth Basilique Miracle

La belle basilique gothique d’Avioth doit son origine à une légende, celle... d'une statue miraculeuse. Ici au XIIe s, des paysans trouvent une statue de la Vierge Marie dans un buisson épineux. Ils la transportent immédiatement dans l'église Saint-Brice non loin de là, pour la mettre à l'abri. Mais, surprise ! Le lendemain, elle a disparu...

On la retrouve, devinez où ? Dans le champ où on l'avait dénichée la première fois ! Pas de doute, y’a du miracle là-dessous. Et jusqu’à la Révolution, les gens venaient apporter les corps de leurs enfants morts-nés à la Vierge. Parait-il que Marie les ressuscitait, juste le temps de les baptiser.

Après, on les enterrait dans le cimetière attenant à la basilique. Ces lieux saints avec ce genre de pratique, on les appelle « sanctuaires à répit » chez les catholiques : le répit, c’est le court retour à la vie accordé à un bébé mort-né qui n’a pas eu le temps de se faire baptiser.

Car si le petiot n’a pas de baptême, il est condamné à errer dans les limbes (un endroit pas gai, pas très loin de l’Enfer) ! Mais avec ce bref retour, hop, le baptême a lieu fissa et il peut mourir pour de bon pour aller au paradis. Et se faire enterrer dans un cimetière attenant à l’église prévu à cet effet.

Un document dit qu’entre 1637 et 1786, on compte 149 enfants revenus brièvement à la vie. Ca, ça rappelle la légende de la Vierge de Lagny-sur-Marne (77), qui fait exactement le même miracle... en compagnie de Jeanne d’Arc ! Les miracles s’élèvent à plus d’une centaine tout au long du XVIIe s. Jusqu’à ce que le pape, en rogne, fasse interdire la pratique en 1729.


Et encore !