Les 1000 petits secrets du château de Culan

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Le château - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA Le château - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Château de Culan Château Maximilien de Béthune Mme de Sévigné Jeanne d’Arc George Sand Croisades Guerre de Cent Ans Légende Sorcellerie

Les hourds de Culan

L'histoire du château commence avec la construction vers 1080 d'une forteresse en bois par Gillardus de Linière. En 1188, Philippe Auguste se bat contre les Anglais pour la possession du Berry et ses troupes incendient le château.

10 ans plus tard, Renoul Ier le reconstruit. En 1270, Renoul II fait de Culan une vraie forteresse avec son enceinte flanquée de 6 tours rondes et son grand corps de logis qu'on voit encore aujourd'hui dominant les gorges de l'Arnon.

3 tours avec hourds défendent le logis : les hourds sont installés tout en haut des tours sur le chemin de ronde. Ils permettaient aux soldats planqués dedans de jeter des cailloux par de petites ouvertures, sur la tête des envahisseurs au pied du château. Et à cette hauteur, autant vous dire qu'on ne rigolait pas...

Surtout que la pierre ricochait une fois arrivée en bas sur le bas de la tour construite en pente ! Redoutable... On fabriquait les hourds en bois. Ceux de Culan sont parmi les rares conservés en France avec ceux du château de Laval (53). Exceptionnel !

Un maréchal, une pucelle, le Diable

Louis et Gilles de Rais

En 1314, Culan devient une baronnie. Il faut dire que ses seigneurs sont très puissants, à l'image de Louis de Culan, né en 1370. Le 17 juillet 1429, Louis a l'honneur avec Gilles de Rais de porter la Sainte Ampoule au sacre de Charles VII à Reims ! Ultime honneur avant que ce guerrier ne se retire pour une retraite bien méritée à Culan...

Il fait dit-on construire une tour sur le modèle de celle qu'il a vu en Turquie pendant sa détention ! Une détention ? Tout à fait ! Il participe à la guerre entre les croisés de Jean sans Peur et l'armée de Bayezid Ier, sultan ottoman. Les Turcs le capturent à Nicopolis et il reste presque un an enfermé !

Jeanne s'invite

Il reste combattre quelques années en Terre Sainte avant qu'on ne le retrouve à Azincourt en 1415. Le roi Charles VII le fait amiral de France pour sa bravoure contre les Anglais en 1422. Increvable, l'amiral ! On le retrouve aussi aux côtés de Jeanne d'Arc à Orléans. La tradition dit que Louis la reçoit dans son château berrichon en novembre 1429, quelques mois seulement avant qu’elle ne soit capturée à Compiègne...

Diabolique !

Un pacte diabolique à Culan ? Oui, celui fait par Philippe de Culan, le neveu de Louis ! Ce maréchal de France tout ce qu'il y a de plus respectable aurait pactisé avec le Diable pour s'enrichir un peu plus... Il réussit à sauver son âme en vendant celle d'un paysan du bourg à la place. Vilain, va !

Le cheval de Sully

En 1599, Maximilien de Béthune (le grand Sully d’Henri IV) acquiert le château laissé à l'abandon. Il fait construire une galerie à arcades sur le mur nord de la cour... pour y mettre son cheval !

Regardez à cet endroit : on peut voir la roche sur laquelle le château a été construit mais aussi l'arrondi du donjon primitif au bout de la galerie. Un donjon colossal de 17 m de diamètre, qui portait une Mélusine en or de 2 m à son sommet ! Donjon, je vous rassure, toujours moins haut que ceux du roi quand même !

Le donjon et le châtelet d'entrée de Culan ont été détruits lors des troubles de la Fronde. Oui, la grosse troupe de frondeurs du prince de Condé en place dans le château doit capituler au bout de 3 jours devant une toute petite armée royale, mais équipée d'artilleries puissantes...

Deux grandes dames à Culan

Mme de Sévigné passe quelques jours à Culan alors qu'elle va « prendre les eaux » à Vichy : il faut dire que la dame est une amie des Condé, alors propriétaires des lieux... Sans oublier George Sand : pas vraiment copine avec le châtelain, elle a en plus réussi à se casser une jambe en descendant les escaliers !

La visite de Culan

On visite le salon rouge XVIIe, la chambre du seigneur et ses portes peintes à l'occasion du tournage du film Les Charlots mousquetaires (si si, on vous jure)... Sans oublier les magnifiques charpentes et les hourds tout en bois (d'époque s'il-vous-plaît).

On a aimé le fait qu'on puisse toucher, sentir les meubles du bout des doigts. Mais oui, même si la visite se fait avec un guide ! On avait rarement eu ce privilège ! On peut soupeser des hallebardes, manier des épées, toucher la vieille serrure d'un superbe coffre allemand de la Renaissance...

Ne pas oublier les jolis jardins médiévaux en bas du château : buis, rosiers et plantes médicinales. L'accès se fait après une descente sportive. Mais là, quelle vue sur le château ! Magnifique... on se rend compte à cet endroit qu'il a été construit à même la roche.


Et encore !