Le Peletier de St-Fargeau, l’histoire du parlementaire qui meurt un jour de janvier... chez Février

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La mort de Le Peletier - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain La mort de Le Peletier - ©Austrian National Library (ÖNB) / Public domain
Palais Royal de Paris Jardin Homicide Louis-Michel Le Peletier de St-Fargeau Révolution Française

Saviez-vous qu'à l'intérieur de l'actuel n° 113 de la galerie de Valois a eu lieu un meurtre ? Retour en 1793, c'est parti !

Un dîner chez Février qui tourne mal

20 janvier 1793. Un assassinat au Palais-Royal !!

Celui de Le Peletier de Saint-Fargeau, le député de la noblesse favorable à la Révolution, ancien président au Parlement de Paris. Il venait de voter la mort de Louis XVI, dites donc.

Assassiné par Pâris, l’ancien garde du corps du roi, dans un café où il dîne : la Cave de Février, au n° 113 de la galerie de Valois.

Pâris lui demande si c’est lui qui a voté la mort du roi. Le Peletier dit « oui ». « Hé bien, voilà ta récompense ! » gueule l’autre. Et hop, un coup de sabre dans la poitrine.

Le Peletier, transporté sur le lit du restaurateur Février, meurt quelques minutes après. Et dire que sa victime, Louis XVI, se faisait ratiboiser le lendemain...

Le corps sur la place Vendôme

Les jours suivants, on expose la dépouille de Le Peletier sur la place Vendôme. Oui, sur un lit drapé posé sur le piédestal conçu pour l’ancienne statue de Louis XIV, au centre de la place, que la Révolution venait de faire disparaître.

Regardez : les draps dégoulinent de sang. Le couteau avec lequel il a été frappé repose à côté de lui.

Le pauvre Le Peletier trône donc là. Et si vous vouliez aller le voir, rien de plus simple : on monte quelques petites marches encadrées de torchères, et voilà. Tout ça pour admirer le corps tout nu, avec sa plaie béante...

La dépouille reste là une heure, avant de se diriger vers le Panthéon à la tête d’un cortège énorme, entonnant un impressionnant hymne funèbre. « Un orateur prononça le panégyrique du défunt d’une voix qui se faisait entendre jusque sur les toits », dit le journal de l’époque Le Père Duchesne.

Hé ! Dire que le peintre David a fait du mort un tableau choc !... mais ça, c’est une autre histoire.

Le dernier mot pour la fin (même pas drôle)

Le meilleur pour la fin !

Mémoires anecdotiques pour servir à l’histoire de la Révolution Française (Lombard de Langres, 1823) dit que sur le piédestal du monument où on a posé le cercueil de ce pauvre Le Peletier, on a gravé les mots qu’il aurait murmurés avant de mourir : « Je suis satisfait de donner mon sang pour la patrie. »

Mais c’est faux ! Ses derniers mots, selon Histoire de la convention nationale de France (René-Jean Durdent, 1818) sont... « J’ai froid » ! Vachement moi glamour...

Un petit rigolo ajoute en dessous :

« Ci-gît Le Peletier, président à mortier, mort en janvier chez Février. »


Et encore !