Le palais de l'archevêché d'Aix-en-Provence et ses tapisseries

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Le palais - ©JM Campaner / CC-BY-SA Le palais - ©JM Campaner / CC-BY-SA
Palais de l'archevêché d'Aix-en-Provence Hôtel particulier Musée

Le palais des évêques...

Lorsque s’élève la nouvelle cathédrale Saint-Sauveur au XIe s, les évêques gardent tout d'abord leur palais près de la vieille cathédrale de la Seds. Ce n'est qu'au XIVe s qu'ils font construire leur palais épiscopal juste à côté de Saint-Sauveur. Commencé en 1338 par Arnaud de Barchesio, les évêques l'ont agrandi successivement au cours des siècles.

L'aile Est construite par Robert Damiani en 1447, l'aile Nord fondée par le cardinal de Grimaldi en 1648 sur une galerie aménagée par le cardinal de Richelieu en 1624... Notre palais actuel, lui, date de 1648. Les visites royales se succèdent.

Charles IX y vient en octobre 1564, Catherine de Médicis en juin 1579, Louis XIII en novembre 1622 (deux fois) : c'est au cours de cette 2e visite qu'il aurait dit « A Arles, on m'a reçu comme un gentilhomme, à Marseille comme un roi, à Aix comme un Dieu ». Anne d'Autriche y passe en 1660 avec Louis XIV et toute la cour.

C'est que le cadre est plutôt royal ! Le majestueux escalier d'honneur, les enfilades de beaux salons, la galerie de portraits des archevêques d'Aix... Parmi eux, on reconnaît le frère de Richelieu, Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, ou le cardinal de Grimaldi...

Partout, on ne trouve que des décorations en stuc, des boiseries délicates : dans les grands salons, dans l'antichambre de l'évêque, dans la chambre d’apparat (où se trouvait vous savez quoi ? Le fauteuil en damas rouge ayant appartenu au pape Benoît XIV...) Bref ! Un vrai palais qui concentre tout le pouvoir religieux.

... reconverti en musée des tapisseries

Alors aujourd'hui, on ne trouve plus d'archevêques, ici ! Mais un musée des tapisseries, qui renferme de superbes trésors. Allons voir ça de plus près ! On a retrouvé ces tentures remisées dans les réserves de l'archevêché, en 1850. On ne sait pas bien d'où elles viennent, mais une chose est sûre, elles ont été réalisées à la manufacture royale de Beauvais (fondée en 1664).

Les Grotesques

On a un premier groupe de tapisseries composé de 6 pièces : les Grotesques, d'après les cartons du peintre Jean-Baptiste Monnoyer qui s'inspire du décorateur et dessinateur Bérain. Ces tentures réalisées vers 1680, dominées par des tons orangés, ont servi comme décors de théâtre.

Regardons un peu chaque pièce : on a les joueurs de luth et les danseuses, les joueurs de flûte, l'offrande à Hermès, les joueurs de violon et les danseuses, les chasseurs et leurs chiens, et enfin, l'offrande à Bacchus. Le tout parsemé de fleurs, de vases, de colonnettes, d'animaux fantastiques !

Vous avez remarqué ? Les petits personnages sont habillés à la mode des comédies italiennes, ce qui n'est pas un hasard : Bérain était un des créateurs de décors de théâtre et de costumes de Louis XIV...

Don Quichotte

Ensuite, voilà L'histoire de Don Quichotte, réalisée d'après les cartons de Natoire, entre 1735 et 1745. Attention, exemplaire unique, le seul existant dans le monde ! On comptait 10 tentures à la base, mais une a disparu.

Les scènes sont les suivantes : la princesse de Micomicon, Dulcinée, le chevalier des miroirs, la caverne de Montesinos, Don Quichotte rencontrant la duchesse, Don Quichotte reçu chez la duchesse est désarmé par ses dames de compagnies, le départ de Sancho pour l'Ile de Barataria, Sancho et la marchande de noisettes, le repas de Sancho à Barataria.

Un certain Pierre Griniod d'Orsay a commandé ces tentures pour décorer un de ses hôtels particuliers parisiens. Jusqu'à la Révolution, elles se trouvent dans l'ancien château d'Orsay...

Les Jeux Russiens

Enfin, on a les Jeux Russiens (1770), d'après les cartons du peintre Jean-Baptiste Leprince. La Russie, très à la mode au XVIIIe s ! On a donc ici des scènes champêtres avec des bohémiens qui dansent, qui déjeunent, et des dénicheurs d'oiseaux...


Et encore !