Le mariage du duc de Bourgogne Philippe le Bon au château de Decize

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Les remparts - ©Mboesch / CC-BY-SA Les remparts - ©Mboesch / CC-BY-SA
Remparts de Decize Fortification Festivités Philippe le Bon

Novembre 1424. Une nuit sans lune, lugubre à souhait. Pourtant... vous entendez ?

Des rires et de la musique filtrent à travers les murs épais du château des comtes de Nevers, qui domine la petite ville du Nivernais.

Bonne d’Artois célèbre au château son remariage avec Philippe le Bon, le célébrissime duc de Bourgogne !

Un premier mariage bourguignon pour Bonne

Bonne d'Artois ? Une dame issue du gratin, puisque petite-fille du duc Jean de Berry.

En 1413, à 17 ans, elle épouse en premières noces le comte de Nevers Philippe de Bourgogne, le frère cadet du duc bourguignon Jean sans Peur.

Beau mariage, voui... mais le marié ne fait pas long feu : il se fait tuer à peine 2 ans plus tard, à la bataille d’Azincourt !

Philippe le Bon, le deuxième mari

Bonne a 19 ans, en 1415. Jeune et seule, avec deux très jeunes enfants.

Seule, jusqu’à son remariage, en novembre 1424 ! Celui qui nous intéresse précisément ici... Une union aussi prestigieuse que la première !

L’heureux élu s’appelle Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Lui en est aussi à son deuxième mariage, veuf de Michelle de Valois (la fille du roi de France Charles VII) depuis 1422.

Mais Philippe est aussi le neveu de l'ancien mari de Bonne, Jean sans Peur !

Vous me direz : on reste dans la famille, comme ça ? Hé bien, c'est ce qui pose problème !

Une dispense pour un remariage !

Il a fallu une dispense spéciale du pape, pour autoriser le mariage de Bonne et Philippe !

Car au Moyen-Age, si les deux parties avaient des « degrés d’affinités », la noce ne pouvait pas avoir lieu.

C'est le cas ici : Bonne et Philippe ont des liens de parenté au 3e degré.

L'après Decize

A Decize, on a rarement vu une nouba pareille... elle battra son plein pendant plusieurs jours !

Bonne, toute guillerette, étourdie par la fête, a les joues rougies par la chaleur.

Elle ne se doute pas du sort qui l’attend... profite, va ! Elle mourra 10 mois après son remariage.

Quelques années plus tard, Philippe revient à Decize pour y annoncer en grande pompe les fiançailles de sa sœur Agnès avec le comte de Clermont...

Philippe, lui, ne traîne pas et se remarie une 3e fois avec la belle Isabelle de Portugal, en 1430.


Et encore !