Le magot mortel du radin

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Image d'illustration - ©Aaron Parecki / CC6BY Image d'illustration - ©Aaron Parecki / CC6BY
Château de Septème Château

Claude Pécoil, prévôt des marchands de Lyon, achète Septème en 1685. Le monsieur est très riche, et en plus d’être baron, il obtient que sa terre soit érigée en marquisat ! Sa petite-fille, Catherine-Madeleine, épouse même le duc de Brissac, un « cousin du roi ». Mazette ! Sauf que ça en énerve certains. Jalousie mal placée ?

L’histoire fait péter une durite au chroniqueur Saint-Simon, qui parle dans ses Mémoires de mésalliance, et décrit Claude Pécoil comme un vieux radin qui serait mort bêtement sur son tas d’or, dans une cachette aménagée dans la cave de son château... Voilà ce qu’il dit dans le tome 18 :

« Pécoil était un bourgeois de Lyon, gros marchand et d’une avarice extrême. Il avait un grand coffre-fort rempli d’argent dans un fond de cave, fermé d’une porte de fer à secret où on n’arrivait qu’en passant d’autres portes. Il disparut un jour si longtemps que sa femme et deux ou trois valets ou servantes qu’ils avoient le cherchèrent partout.

Ils savaient bien qu’il avait une cache, parce qu’ils l’avoient quelquefois surpris descendant dans sa cave un martinet à la main, mais jamais personne ne l’y avait osé suivre. En peine de ce qu’il était devenu, ils y descendirent, enfoncèrent les dernières portes et trouvèrent enfin celle de fer. Il fallut des ouvriers pour l’enfoncer ou l’ouvrir, en attaquant les côtés de la muraille où elle tenait.

Après un long travail ils entrèrent et trouvèrent le vieil avare mort auprès de son coffre-fort, qui apparemment n’avait pu retrouver le secret de la serrure après s’être enfermé en dedans, et n’avait pu l’ouvrir : fin bien horrible en toutes manières. »

Et Saint-Simon d’ajouter à propos du mariage que :

« MM. de Brissac ne sont pas délicats depuis longtemps en alliances, et toutefois n’en paraissent pas plus riches. Les écus s’envolent, la crasse demeure. »

En fait, Saint-Simon est très mauvaise langue. Pas content, jaloux, même ! Car Claude Pécoil était en fait quelqu'un de très généreux, qui meurt au chaud dans son lit, entouré des siens, dans son hôtel particulier de Lyon...


Et encore !