Le Lapin Agile, l'histoire d'un nom : des assassins, un lapin !

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La façade - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA La façade - ©Anecdotrip.com / CC-BY-NC-SA
Le Lapin Agile Salle de spectacles

Le cabaret des Assassins

Le cabaret du Lapin Agile porte ce nom depuis 1880. Mais avant ?

On y trouve une guinguette, en 1860, Au rendez-vous des voleurs, qui devient Cabaret des assassins, 9 ans plus tard.

Avec une enseigne à l’effigie des crimes commis par de célèbres meurtriers, du XVIe au XIXe s, comme Ravaillac, Lacenaire ou Jean-Baptiste Troppmann, dit Connaissance du Vieux Paris (Jacques Hillairet, 1977).

Le plus connu, à l’époque ? Troppmann, cet Alsacien paumé accusé du meurtre sauvage d’une mère et ses enfants, à Pantin, en septembre 1869, exécuté le 19 janvier 1870 !

Sals et Gill

Nous voilà en 1880.

Un Alsacien, Sals, décide de créer un petit cabaret, à l’époque où les vignes recouvrent Montmartre comme du chiendent, ces vignes d’où on tirait un vin qui tenait plus de la piquette que du petit-jésus-en-culotte-de-velours...

Parmi ses clients (des artistes ou des jeunes républicains comme Léon Gambetta), il y a André Gill, un dessinateur.

C'est lui, en 1880, qui peint l’enseigne du lapin, dont on voit aujourd’hui la copie, sur la façade de l'actuel cabaret (l’originale se trouve au musée de Montmartre situé à côté, rue Cortot).

Voilà le cabaret des Assassins devenu Lapin à Gill, plus tard Lapin Agile (rôôh, le jeu de mot).

Un lapin, le père Frédé et Picasso !

Une danseuse de french-cancan, Adèle, débarque en 1886 pour racheter la bicoque de Sals.

Son nouveau nom ? A ma campagne !

Arrive ensuite le chansonnier Aristide Bruant, qui rachète le cabaret en 1903 pour le confier à son copain, le père Frédé.

Frédéric Gérard (1860-1938), guitariste bohème super connu sur la butte de l’époque !

Et ça marche : tous les artistes de Montmartre viennent y boire un coup.

Même Picasso, qui peint le célébrissime Au Lapin Agile, aujourd’hui exposé au Metropolitan Museum de New-York !


Et encore !