Le jour où Bras-de-Fer meurt à Moncontour

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F. de La Noue - ©Rijksmuseum / CC0 F. de La Noue - ©Rijksmuseum / CC0
Fortifications de Moncontour Fortification Guerre de Religion

Au moment des guerres de Religions, le terrible capitaine protestant François de La Noue, lieutenant d'Henri IV, trouve refuge à Moncontour avec ses hommes.

Celui qu'on surnomme « Bras-de-Fer » va y mourir, en 1591, des suites d’une horrible blessure à la caboche...

Petit retour sur la personnalité hors normes de La Noue, suivie des détails de sa mort à Moncontour !

François de La Noue

Breton et protestant

Faisons les présentations !

Voilà François de La Noue, seigneur de La Roche-Bernard et de Montreuil-Bonnin, petit noble breton de Loire-Atlantique né en 1531.

Un fidèle de la cour du roi Henri IV !

Valeureux au combat... jusqu’à sa conversion au protestantisme.

L’introduction de la réforme en Bretagne date de 1558, avec François d’Andelot, le frangin du célèbre amiral de Coligny.

Lui-même huguenot, installé dans le château de sa femme à La Bretesche, il organise les toutes premières prêches en terre bretonne.

La Noue, lui, est convaincu... et se convertit !

Comment La Noue devient Bras-de-Fer

Mais, pourquoi ce surnom de Bras-de-Fer ? D’une sale blessure qu’il reçoit au siège de Fontenay-le-Comte, en Vendée, en 1570.

Un maudit coup d’arquebuse.

La gangrène vient bientôt se nicher dans la plaie.

François a 39 ans, il va se faire amputer du bras gauche. Pour ça, on le transporte à La Rochelle. Lui se fichait bien, de l’horrible opération (sans anesthésie) qui l’attendait...

Ce n'est pas le courage qui lui manquait. Mais comment allait-il faire pour vivre normalement, après ça ? Diminué à jamais...

Sauf qu'un mécanicien de génie lui confectionne une prothèse super pratique : un bras terminé par un crochet, qui lui permet de se mettre en selle et de tenir les rênes, comme avant !

La mort de La Noue à Moncontour

Un coup en pleine tête

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la mort de La Noue, non ?

Direction Lamballe, cité voisine de Moncontour, que François part assiéger pour Henri IV. Un petit siège de plus pour le grand capitaine ! Qui va y perdre la vie...

Alors que ses soldats ont fait une brèche dans les remparts, il s’avance inspecter si le trou est praticable...

Sans son casque, apparemment ! BAM !! Une balle le touche en plein front.

Il vacille... titube... chute... oooh, il se retient à la muraille, avec son seul crochet !

Il finit par tomber, sans connaissance.

On le transporte, mourant, à l’ombre des murs de Moncontour. Les soins sont vains... il meurt, 15 jours plus tard, le 4 août 1591. A 60 ans pile poil.

Pleuré par tout le monde !

Fait rare, protestants comme catholiques pleurent la mort d’un gars honnête et toujours droit, dans sa mission et sa foi...

« Grand homme de guerre et plus grand homme de bien, et l’on ne peut que regretter qu’un aussi petit château ait fait périr un capitaine qui valait mieux que toute une province », dit de lui son copain Henri IV.


Et encore !