Le gouffre de Padirac : légende diabolique, naufrage dans le noir

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Le gouffre - ©Dimimis / CC-BY-SA Le gouffre - ©Dimimis / CC-BY-SA
Gouffre de Padirac Cavité naturelle Exploration Naufrage Edouard-Alfred Martel Légende Trésor

La légende : allez, saute, ma mule !

La légende veut que le gouffre de Padirac soit l’œuvre et le domicile du Diable ! Ce satané démon élisait décidément domicile dans des endroits pas possibles... On dit que Saint Martin parcourait la région à la recherche d'âmes à sauver. Il n'en trouve pas !

En revanche, il tombe sur le Diable en personne, avec sur le dos, un sac rempli d'âmes. Le démon lui propose alors un marché : il lui donne ses âmes si le saint arrive à franchir, avec sa mule, le terrible obstacle que voilà... un vaste gouffre qu'il venait de créer d'un claquement de doigt !

Pas de problème : Martin éperonne sa mule, qui saute au-dessus du gouffre avec aisance... et atterrit de l'autre côté ! On dit qu'elle a laissé l'empreinte de ses sabots, qu'on peut encore voir... Et le Diable ? Vexé comme un pou, il sauta dans le gouffre et disparut dans les entrailles de la terre... Pour toujours ?

L'histoire : des guerres, un trésor

Le gouffre, comme beaucoup de grottes, sert de refuge aux habitants de la région pendant les guerres. Le célèbre spéléologue Martel, dans son récit sur le gouffre de Padirac, rapporte qu'à l'époque des guerres de Religion, on connaît bien l'endroit.

Il sert de puits où les gens du coin « vont puiser de fort bon salpêtre en y descendant par des engins fort dangereux ». Il ajoute qu'à la fin de la guerre de Cent Ans, les Anglais ont déposé dans le gouffre un trésor « enveloppé d'une peau de veau »...

La découverte : naufrage dans les ténèbres

C'est le célèbre spéléologue Martel qui découvre le gouffre le premier, en 1889. L'expédition s'apparente à un vrai voyage sous la terre ! Un périple semé d'embûches...

Tenez : en découvrant le pas du Crocodile, Martel et ses hommes font « naufrage » en septembre 1895. Si si, leur canot se heurte contre une muraille et ils perdent l'équilibre. Plouf ! Ils tombent dans l'eau et leurs lumières s'éteignent... Martel rapporte :

« Le passage subit à cette obscurité de catacombe m'impressionna tout d'abord plus profondément que l’immersion complète dans l'eau à 12°C. La sensation de froid était totalement annihilée par celle, réellement terrible, de ce noir parfait.

Et je comprends la répulsion instinctive que l'ombre des cavernes inspire à certaines personnes. Auparavant, je ne m'étais jamais imaginé l'horreur véritable de ces ténèbres souterraines, absolues comme le néant. »

Martel a un peu de mal à s'en sortir. C'est qu'il se croit déjà noyé, désespérant de trouver la main d'un ami pour l'aider à regagner un bout de terre ferme ! Mais, exploration semée d’embûches ou pas, c'est grâce à ces hommes que dès 1898, la grotte a pu être aménagée et ouverte au public...

La visite de Padirac

C'est une rivière souterraine qui a creusé les nombreuses galeries du gouffre, à même le causse de Gramat. Comptez au moins 2 heures pour explorer le gouffre. On visite 2,5 km mais la rivière souterraine mesure près de 25 km !

Des ascenseurs et des escaliers permettent de descendre dans les entrailles de la terre. Eh oui, on descend tout de même à 75 mètres de profondeur : allez, une fois en bas, levez la tête ! On comprend la réaction de Martel quand il a vu ça pour la première fois :

« En 8 minutes je suis en bas de l'échelle qui a tourné plusieurs fois sur elle-même, m'étourdissant quelque peu ; cela m'a paru long ; je me détache avec plaisir de la corde, me laissant seul dans la profondeur. Et je lève la tête ! L'impression est fantastique : on se croirait au fond d'un télescope ayant pour objectif un morceau circulaire de ciel bleu. »

On prend des escaliers pour arriver au niveau de la rivière souterraine. Et la découverte commence ! La température ? 10°C toute l'année. Un p'tit pull est à prévoir...


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